‹ Vie de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 157 sur 231 · LIV. Vir. — SA DÉVOTION AUX SAINTS · texte numérisé non relu

LIV. Vir. — SA DÉVOTION AUX SAINTS

avait renouvelé dans le monde la dévotion à saint Joseph, dont on parlait si peu avant elle; le bon larron et la Madeleine, modèles l'un et l'autre de la parfaite pénitence ; sainte Blandine, dont il visitait la prison et les reliques toutes les fois qu'il passait à Lyon : « Parce que, disait-il, elle avait été sa protectrice « dans la mission du Chablais, et son cœur avait été encouragé « par la générosité de cette servante de Jésus-Christ*. » Enfin sainte Apollonie, dont il avait éprouvé le pouvoir auprès de Dieu, un jour qu'il souffrait cruellement du mal de dents. Sainte Chantai lui ayant alors envoyé un linge qui avait touché les reliques de la sainte, en lui demandant de l'appliquer sur sa joue malade pendant que la connnunauté serait en prière pour sa guérison : « Voilà votre remède, lui écrivit-il peu d'instants « après en lui renvoyant le linge, il a été souverain... Je dois « confesser à la gloire de Jésus-Christ et de sa sainte épouse « Apollonie, que je ne croyais pas pouvoir dire la messe au- « jourd'hui à cause de l'enflure prodigieuse de ma joue, mais « que, m'étant appuyé sur mon prie-Dieu et ayant posé la re- « lique sur ma joue, j'ai dit : Mon Dieu! qu'il me soit fait « comme mes filles le désirent, si c'est votre volonté; et tout « aussitôt mon mal a cessé, ma joue a été désenflée. Oh! que « Dieu est admirable dans ses saints! il a voulu que le mal me « soit arrivé pour faire honorer son épouse Apollonie et nous « donner une preuve sensible de la communion des saints*; » Enfin, parmi les saints chers au cœur de l'évêque de Genève, nous devons mentionner encore les deux saints Antoine, l'un patriarche des solitaires, l'autre la gloire de Padoue : «J'ai « choisi le premier, disait-il, pour être un des gardiens de mon « petit désert intérieur où je demeure solitaire en Dieu. Au « milieu du monde et des affaires qui m'environnent, pourquoi

nom de chrétien, et qui était placé sur la poitrine de saint Sébastien, le désignait aux flèches des bourreaux ; ainsi; disait le saint prélat, la croix qui brille sur la poitrine des évèques les désigne à l'univers pour les serviteurs de J. C, en butte aux contradictions du monde.

* Année de la Visitation, 2 juin.

* Année de la Visitation, 9 février.

« serais-je distrait par les hommes, puisque ce saint ermite « n'était pas distrait de ses oraisons par des légions de dé- « mons! » Il n'aimait pas moinssaint Antoine de Padoue, dont les prédications apostoliques ont converti tant d'âmes, et il réprimandait les censeurs qui improuvaient l'usage populaire de s'adresser à lui pour retrouver les choses perdues : « Dieu, « disait-il, a fait voir que tel est son bon plaisir, puisqu'il a cent « fois opéré des miracles par ce saint : pourquoi ne pas croire « à l'évidence des faits?. .. Vraiment, monsieur, dit-il un jour à « ini de ces critiques indiscrets, j'ai envie que nous fassions « ensemble un vœu à ce saint pour recouvrer ce que nous per- « dons tous les jours, vous la simplicité chrétienne, et moi . « l'humilité dont je néglige la pratique ^ »

Cette dévotion de François de Sales à quelques saints particuliers ne nuisait en rien à ce qu'il devait aux saints en général; il les révérait tous, sachant que Dieu se plaît à voir honorer ceux qui l'ont le mieux servi; et il s'édifiait delà variété de leurs vertus. Comme je lui disais un jour, raconte un des employés de sa maison^, que la sainteté d'un saint ne ressemblait pas à celle d'un autre : « Non. sans doute, répondit-il, U y a autant de sor- « tes de sainteté que de saints ; et les saints ne se ressemblent « que par le soin qu'ils ont eu tous de tendre à la même fin. » De là ce zèle pieux qui le portait à aller dire la messe dans les églises le jour qu'on y célébrait la fête patronale, à y prêcher, à assister aux offices et prières qui se faisaient en l'honneur du saint patron ; de là aussi ce grand respect qu'il portait à toutes les reliques des saints. Nous avons vu avec quelle dévotion il vénéra à Grenoble le manteau de saint François de Paule, sur le mont Voiron les reliques de saint Germain ; et il traitait de même toutes les autres reUques, vénérant en elles les temples qu'avait occupés le Saint-Esprit et les arches où avait reposé souvent la sainte eucharistie.

* Année de la Visitation, 15 juin.

- Dép. (le Michel Favre.

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