‹ Vie de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 221 sur 231 · UV. VII. — BULLE DE SA CANONISATION · texte numérisé non relu

UV. VII. — BULLE DE SA CANONISATION

Alexandre vu, évêque, serviteur des serviteurs de diec.

Que ceci soit en perpétuelle mémoire.

Ouoique l'Église catholique, semblable à une ville forle défendue par des remparts in^^ncibles et par de vaillants guerriei-s, ne redoute pas les insultes des puissances infernales, elle est néanmoins principalement soutenue, après les mérites du Rédempteur, par le secours que lui fournit continuellement la sainteté des serviteurs de Dieu. Car, Fliomme étant naturellement plus docile à la voix de l'exemple qu'à celle du précepte, on ne saurait dire combien la bonne odeur de leurs vertus produit dans l'Église de merveilleux fruits de salut. C'est pourquoi Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, nous amoniré d'une manière ineffable la voie du salut, non-seidement par sa doctrine, mais encore par ses actions, fais-mt ser\ir à cette fin l'alliance merveilleuse de sa double nature en une seule personne. Avait-il quelque doctrine à enseigner ? 3/a doctrine, disait-il, n'est pas la mienne, mais celle de mon Père, qui m'a envoyé. Proposait-il quelque chose à pratiquer? J^ vous ai donné l'exemple, disait-il, afin que vous ag'issiex, de la même manière que j'ai agi à votre égard. C'est pourquoi nos prédécesseiurs, dirigés par le Saint-Esprit, ont introduit dans l'Église la louable coutume de placer la sainteté dans un lieu éminenl, afin qu'elle ne soit pas comme une lampe cachée sous le boisseau, maisque, semblableà un flambeau placé sur le chandelier, elle jette un vif éclat devant les hommes, et leur représente la lumière auguste qui a dit. en parlant d'elle-même : Je suvi la lumière du monde ; quiconque me stiit ne marche point dans les ténèbres. ïls ont voulu que la sainteté brillât aux yeux des hommes, afin de les attirer de la vénération à limitation, et de les diriger et conduire par un chemin frayé aux immortelles délices de la céleste et triomphante Jérusalem. Oui, quoi qu'en puisse dire l'impiété, il serait également contraire aux règles de la bienséance et à celles de la justice de ne pas rendre après leur mort un culte religieux à des hommes qui, par la sainteté de leur vie et par la prédication de l'Évangile, ont bien mérité de la république chrétienne.

A ces causes, et conformément à l'ancienne coutume des Souverains Pontifes, après avoir invoqué le Seigneur, et avoir conféré avec nos vénérables frères, nous avons, par l'inspiration divine, décrété de met-

AU. VIE DE SAINT FllANÇOIS DE SALES.

tre au nombre des noms que l'Eglise catholique révère, celui de François de Sales, évêque de Genève, célèbre par sa doctrine, admirable par sa sainteté, et qui de nos jours a été l'appui de l'Eglise et un antidote contre le poison des hérésies.

I. François naquit le 21 du mois d'août de l'an de grâce 1567, au château de Sales, dans le duché de Savoie et le diocèse de Genève ; il fut régénéré au même lieu sur les fonts sacrés du baptême. La piété,, qui n'était pas moins héréditaire dans sa maison que la noblesse du sang, lui fut inspirée dès le berceau. Dans son enfance, on ne le vil point courir après les frivolités dont s'amuse cet âge ; mais, poussé par l'esprit de piété, et comme j)Our préluder à la sainteté angélique qui devait éclater en lui , il passait une partie de son temps au milieu des petits autels qu'il avait dressés et ornés. Sa charité le rendait si sensible à la misère des pauvres, que, s'il n'avait pas de quoi les soulager, il fondait en larmes.

II. A mesure qu'il croissait en âge, on voyait croître en lui la piété et la sagesse. Il partageait son temps entre l'étude et la prière, il n'allait point courir dans les places publiques ; mais sa joie était d'aller visiter les temples du Seigneur. Il fuyait les mauvaises compagnies, et ne fréquentait que des personnes de qui il put recevoir, et à qui il pùk communiquer des semences de vertu.

TH. Après avoir été fortifié du sacrement de confirmation, il s'appliqua à faire de plus amples provisions de vertu et de doctrine, afin de devenir un instrument plus propre aux vues que la grâce de Dieu pourrait avoir sur lui. Il avait reçu du ciel une àme l)onne, il la rendit meilleure en s' appliquant de plus en plus à cultiver son esprit par l'étude des lettres, et à sanctifier son cœur par la pratique desvertus.

IV. Après avoir étudié les belles-lettres dans le collège d'Annecy, il apprit la philosophie et la théologie dans l'université de Paris, ofi il fit en même temps d'admirables progrès dans la vertu et la sainteté : car il fiéquentait la congrégation établie en l'honneur de la Mère de Dieu, dans le collège de la société de Jésus : là tous les huit jours, il nourrissait son àme du pain eucharistique; il suivait avec ferveur tous les exercices de piété, surtout ceux qui avaient pour objet le culte de la sainte Vierge pour laquelle il avait une si grande dévotion, qu'il fit vœu de chasteté perpétuelle au pied de son image, qu'on vénère dans l'église de Saint-Étienne-des-Grès.

Page 1