AUPRÈS DU DUC DE SAVOIE. — NOUVEAUX TRAITS DE SA CHARITE
(De tOlS à 1616.)
François, comprenant l'action des grandes villes sur les peuples d'alentour qui s'y rassemblent souvent pour leurs affaires ou leurs plaisirs, cherchait à réunir dans Thonon, capitale du Chablais, et si longtemps centre de l'hérésie, tous les secours de la religion. Déjà il y avait étabU la Sainte-Maison, destinée à trois corps d'ouvriers évangéliques : le premier était une congrégation de sept prêtres pieux et instruits, chargés des fonctions curiales et de l'office divin propre aux chapitres ; le second était une communauté de capucins qui devaient donner des missions continuelles dans toute la contrée ; le troisième devait être une société de prêtres voués à l'éducation de la jeunesse. Pour l'exécution de cette dernière mesure, la seule qui restât à consommer, François fit choix des Barnabites, qu'il voyait tous les jours à l'œuvre avec tant de succès dans Annecy. Il en conféra avec dom Guérin; et ce religieux, moyennant la concession de certains droits et bénéfices, s'engagea au nom de son ordre à tenir le collège, à donner des leçons au petit séminaire, à enseigner, si on le jugeait à propos, la philosophie et la théologie, à faire les saints offices dans l'église de Saint- Augustin, et à confesser, à prêcher, à catéchiser partout où besoin serait. Ces conventions ainsi réglées et signées de part et d'autre, l'évêque envoya dom Guérin les porter lui-même à la cour