ET CONVERTIT UN PÉCHEUR DÉSESPÉRÉ. — LETTRES A PAUL V
ET A LOUIS XIH.
(De leie à 1618.)
Si les souffrances des particuliers affligeaient si fort l'àme sensible de l'évêque de Genève, comme nous lavons vu souvent dans cette histoire, les calamités publiques pesaient bien autrement sur son cœur ; et ce ne fut pas sans une douleur profonde qu'il vit le duc de Savoie, aidé par la France, déclarer la guerre au duc de Mantoue, soutenu par l'Espagne, pour lui enlever le duché de Montferrat, sur lequel il prétendait avoir des droits*. Ce rassemblement de troupes indigènes et étrangères, portant avec elles non-seulement le fléau de la guerre, mais encore la dissolution des mœurs, faisait le sujet continuel de ses gémissements devant Dieu et devant les hommes. Non content de lever les mains au ciel et de prier tous les jours en son particulier, il ordonna des prières publiques, avec exposition du saint Sacrement par tout son diocèse, et invita tout son peuple à apaiser, par une vie meilleure, la colère du ciel qui déchaîne les fléaux sur la terre pour en punir les habitants coupables. Cette guerre, commencée par l'ambition, se compliqua encore d'une manière terrible par la vengeance
1 Charl.-Aug., p. 470.