TIB DE 8. FB. DB SALES. — II
« pénétré d'estime et d*amitié pour vous, non seulement « parce que j'honore tout ce qui vient de votre Compagnie, « mais encore parce que je connais et ai pu apprécier par « moi-même toute Téminence de votre mérite. J'ai lu voire <t si utile Traité de la Jvstice et du Droit, où vous résolvez « toutes les questions d'une manière supérieure à vos devante ciers; j'ai lu votre bel ouvrage sur le Choix de la vérilabU « Religion, où il semble que vous n'avez fait que prêter votre <( main à l'Ange du grand conseil qui vous inspirait; j'ai lu « votre Traité de la Prédestination, où vous enseignez que <i Dieu ne prédestine les hommes à la gloire que conséquem- « ment à la prévision de leurs mérites; doctrine sur laquelle « j'ai été bien aise de vous trouver de mon avis, et qui m'a (( toujours semblé la plus conforme à la miséricorde et à la « grâce de Dieu, la plus vraisemblable et la plus propre à « allumer dans nos cœurs le feu de l'amour divin, ainsi que « je l'ai insinué dans mon petit livre de V Amour de Di&i\ « Prévenu de la sorte en votre faveur, j'ai eu une joie toute <( particulière d'apprendre que vous avez pour moi une amitié « réciproque; et, pour m'en assurer la continuation, je ferai « avec empressement ce que je saurai pouvoir vous être V agréable. »
Depuis longtemps les marguilliers de Saint-André des Arts, à Paris, pressaient l'évéque de Genève de venir prêcher dans leur église les stations de l'Avent et du Carême; et le saint prélat, qui aimait tant la France, désirait vivement se rendre à cette invitation ; mais toujours le duc de Savoie y mettait obstacle, ne voulant pas laisser s'éloigner de ses États un prélat dont les services étaient si précieux au pays. Enfin la Providence lui offrit l'occasion de satisfaire les vœux de ceux qui désiraient tant Tenlendre. Son Altesse a^^ant projeté de marier le prince de Piémont, son fils, avec Christine de France, sœur du roi, fille de Henri IV, et résolue d'envoyer
ï Liv. II, ch. XII ; et liv. IV, ch. vu.