UV. YL — SES RAPPORTS AVEC M. BOURDOISE
« .dit-il, que personne n'y pense. » Alors, en effet, il n'y avait pas de séminaires pour former les jeunes clercs à la science et aux vertus ecclésiastiques ; on entrait dans le sacerdoce sans en avoir connu, médité, pratiqué les devoirs, et le clergé, devait nécessairement se ressentir de ce défaut d'école préparatoire. C'est pourquoi le père Bourdoise, continuant à parler avec cette liberté qui ne craint que Dieu seul : « Je suis » surpris, dit-il, qu'un évèque à qui Oieu adonné de si grands « talents ne les emploie pas à former de bons prêtres, et se « livre presque uniquement à la conduite des personnes du « sexe. — Je conviens, répondit le saint évéque sans s'of- « fenser de cette hardiesse de langage, et je suis même très « persuadé qu'il n'est rien de plus nécessaire dans TÉglise « que de former de bons prêtres; mais c'est là un ministère o trop haut pour ma faiblesse, et que je laisse à des mains « plus habiles : M. de Bérulle s'en occupe, et il a pour cela « plus de capacité et de loisir que moi, qui suis chargé d'un a vaste diocèse. Je laisse aux orfèvres à manier l'or et l'ar* M gent; les potiers doivent se contenter de manier l'argile. J'esu time d'ailleurs d'une haute importance la sanctification des M personnes du sexe : solidement vertueuses, elles peuvent de « grandes choses dans l'Église, et y répandent le parfum de i( leur piété. En même temps que leur sexe faible mérite une « grande compassion, leur courage mérite un grand intérêt. « Elles suivaient Notre-Seigneur dans ses courses évangé- « liques; elles l'accompagnaient jusqu'au pied de la croix, « tandis qu'il ne s'y trouvait qu'un seul apôtre ^ »
1 Telle est la réponse que M. do Belley met dans la bouche du saint ôvéqae [Esprit dé saint FraTiçois de Sales j p. X, sect. xiv); elle nous pai-aît beaucoup plus probable, plus conforme à l'esprit d^humilité et de charité de saint François de Sales, que celle qui est rapportée dans la Vie du père Bourdoise. Celui-ci fait dire qu'après avoir travaillé pendant dix-sept ans à former seulement trois prêtres tels qu'il les souhaitait, il n'avait pu en former qu'un et demi, et qu'il n'avait pensé aux Filles de la Visitation qu'après avoir perdu tout espoir de succès auprès des ecclésiastiques. Cette réponse contient plusieurs faussetcîs : 1» saint