VIS DE 8. FR. DE SALES. — II
Le père Bourdoise, touché de plus en plus de la haute vertu de rhomme de Dieu, rengagea à venir à Saint*Nicolas da Ghardonnet, où se faisaient, chaque semaine, au clergé, des ^conférences sur les vertus et les obligations des ecclésiastiques; et Tévêque, fidèle au rendez-vous, alla souvent voir le saint prêtre, visita séparément dans leurs chambres les membres.de sa communauté, et assista à leurs conférences, où il prenait plaisir à entendre cet homme, plein de Tesprit sacerdotal, parier des devoirs ecclésiastiques. Souvent même il l'invitait à raccompagner lorsqu'il allait prêcher, et témoignait en toute circonstance la vénération qu'il avait pour lui et pour sa communauté. Le cardinal de Retz s'étant plaintun jour dans sa présence que le père Bourdoise faisait beaucoup parler de lui par l'ardeur de son zèle, qui manquait quelque* fois de prudence : « Croyez*moi, monseigneur, dit le saint « évêque, nous n'avons pas encore ouï dire que personne ait « été damné pour avoir poursuivi avec trop de zèle le relaie blissement de la discipline ecclésiastique ^ »
Mais, de tous les prêtres de Paris, saint Vincent de Paul fut celui avec lequel Tévêque de Genève se lia le plus étroitement. Ces deux grandes âmes, qui possédaient éminemment le don de discerner les esprits, se furent bientôt connues et comprises, et une tendre amitié les unit Tune à Tautre : Vin* cent de Paul proclamait que la douceur, la majesté, la mo-
François de Sales pensa aux Filles de la Visitation dès le commencement de son épiscopat ; et Dieu lui révéla son institut dès Faimée I60S, avant le Carême de Dijon ; 2* il travailla toute sa vie à former un boa clergé dans son diocèse, et il eut même le projet de former une congrégation d'ecclésiastiques, auquel il ne renonça que quand il vit naître celle de M. de BéruUe, à qui môme il désira s'associer*. Il n'est donc pas vrai qu'il eût perdu tout espoir de former de bons prêtres, et qu'il n'eût pensé aux Filles de la Visitation qu'après dix-sept ans d'eifortâ inutiles pour le clergé. Cette réponse n'est donc qu'une de ces causticités mordantes si ordinaires au père Bourdoise, un de ces souvenii-s infidèles que le rapporteur travestit selon ses propres impressions, ï Esprit de saint François de Sales, IX* part., sect. i.
• £ipnt de taint FrançoU de ScOety par M. de Belley, part. VII«, sect xiv.