‹ Vie de Saint François de SalesChapitre 119 sur 292 · LIV. VI. — SA CHARITÉ DÉSIîSTÉRESSÉE · texte numérisé non relu

LIV. VI. — SA CHARITÉ DÉSIîSTÉRESSÉE

dait impossible : « Monsieur Rolland, mon ami, répondit Fran- « cois, ne vous fâchez pas : si ces gens n'avaient point failli, « il eût bien fallu nous passer de leurs amendes. Ne savez-vous « donc pas que je ne veux point plaider pour m'enrichir, « mais seulement pour maintenir les droits de TËglise et tenir « les inférieurs dans le devoir! » Rolland ne se laissa point convaincre par ces raisons et ne cessait d'éclater en plaintes : « Mais, reprit son bon maître, comment ne voyez- vous pas a que, maintenant que nous avons gagné notre procès pour « maintenir les droits de TÉglise, il faut regagner Tamitié de « notre prochain, laquelle nous perdons pour Tordinaire en (( plaidant? S'il était possible, il faudrait plaider pour gagner « cette amitié quand nous ne Tavons pas; car un père doit se « faire aimer de ses enfants ^ »

Quoique appauvri par cette largeur de charité pastorale, François trouvait toujours de quoi donner à tous ceux qui étaient dans le besoin. Une pauvre fille qu'il avait autrefois convertie à la religion catholique, et qu'il nourrissait depuis longtemps à ses frais, ne pouvait, faute de dot, trouver un parti pour se marier. Il lui fit don de cinq cents florins, ou deux cent vingt-cinq franc de notre monnaie; et, par cet acte de générosité, il assura son avenir. Un chevalier de Malte de son diocèse avait été pris par les Turcs, et le frère du captif était inconsolable de n'avoir pas le moyen de payer sa rançon. François l'apprend, va aussitôt lui offrir toute sa vaisselle d'argent, et déjà l'ordre de la vendre était donné, lorsque arrive à Annecy la nouvelle de la mort de l'infortuné prisonnier^.

Cependant une vertu si noble eut à subir, vers ce temps-là, une horrible tempête. Consulté sur un projet de mariage, il s'était borné à rendre bon témoignage des belles qualités du jeune homme et à recevoir la promesse mutuelle de s'épou-

* Dép. de la mère de Chaugy.

2 Dép, de FavrSy qui avait reçu l'ordre de vendre cette vaisselle. — Cliarl.-Aug., p. 543.

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