‹ Vie de Saint François de SalesChapitre 125 sur 292 · LIV. VI. — ERMITES DU MONT VOIRON · texte numérisé non relu

LIV. VI. — ERMITES DU MONT VOIRON

plaintes à faire contre son administration, on en référera à l'évéque.

On n'admettra personne au rang des ermites qu'après une année de probalion; et, pour recevoir ou renvoyer un ermite, il faudra le consentement de Févéque et de tous les frères ^

Ces institutions, dont nous ne donnons ici que la substance, furent lues et approuvées en plein synode; et les ermite?, après s*y être soumis de bon cœur, prononcèrent leurs vœux de religion. L*évèque chargea un de ses chanoines de surveiller Tobservation de ses règles, et d'avoir constamment Tœil sur la communauté pour prévenir tout abus. Lui-même, de son c6lé, exhorta de temps en temps par ses lettres les ermites à se soutenir et à croître dans la perfection de leur état. « La charité « de Jésus-Christ, leur écrivait-il, est douce» pliable, patiente : « Dieu, qui est la charité même, vous veuille tous conserver « en son saint service !... J*aurai de vous tout le soin que vous « pourrez désirer d'un ami et d'un frère fidèle. Demeurez en « paix et reposez-vous sur cette mienne déclaration. Armez- « vous d'humilité, de patience, de douceur, et chantez joyeu- « sèment : Dominwi proiecior vitx meœ, a guo trepidabo^? << Le Seigneur est mon protecteur, que pourrai-je craindre? « Demeurez sous les ailes de Notre-Dame : ne craignez rien, « et que la paix de Jésus-Christ^ qui surpasse tout sentiment, « garde vos cœurs et vos esprits'! »

A mesure que François avançait dans la vie, sa sainteté paraissait de plus en plus éclatante. Un jour qu'il se préparait à monter à Fautel, absorbé dans la méditation jusqu'à oublier l'heure ordinaire de sa messe, un de ses aumôniers étant venu l'avertir qu'on l'attendait : « Ah ! s'écria-t-il en se levant avec « allégresse, je vais donc le prendre, ce divin Sauveur, je vais « donc le prendre! » Et il se revêtit des ornements sacrés en faisant paraître une joie extraordinaire. Interrogé ensuite par

1 Charl.-Aug., p. 539 et suiv.

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