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« je partirai le premier, et vous me suivrez. » Ce qui, en effet, se réalisa comme il Tavait prédit *.
Arrivé à Annecy, il apprit qu'un boulanger de la ville, Bernard Paris, était à Tagonie : il partit aussitôt, alla le bénir en faisant sur lui le signe de la croix; et, le soir même, le malade fut complètement guéri ^. Pendant qu'il rendait la santé aux autres, il ne pensait pour lui qu'à se préparer à la mort, qu'il sentait proche; et, un jour, l'évéque de Ghalcédoine lui ayant demandé, en le voyant tout pensif, s'il était triste : « Non, répondit-il, je ne suis nullement triste, maiâ « je suis aux écoutes pour entendre quemd l'heure du départ « sonnera... Il n'y a plus rien en ce monde capable de me ré- « jouir et me contenter. Je ne pense plus qu'au ciel etàTéter- « nité bienheureuse qui nous attend. Plus j'avance en la vie <( de cette mortalité, plus je la trouve misérable et m'étonne <( que les hommes s'attachent si fort aux choses de la terre. « Je vais faire la revue de ma conscience, écrivait-il peu au- <c paravant à madame de Chantai ', pour un renouvellement a extraordinaire auquel Notre-Seigneur m'invite, afin qu'à « mesure que ces années périssables passent, je me prépare « aux éternelles. Je sens mon esprit tendant plus purement « que jamais à Dieu et à l'éternité. 0 Dieu! que je serais heu- « reux si un jour, sortant de la sainte communion, je Irou- « vais le cœur de mon Sauveur établi à la place de mon ché- « tif cœur I »
Les souffrances avant-courrières de la mort l'avertissaient, en effet, tous les jours de son prochain départ de ce monde: ses jambes enflées, entamées même en plusieurs endroits et couvertes de plaies, ne le soutenaient qu'à grand'peine, et on ne pouvait se défendre d'un sentiment de compassion en le voyant marcher. Il souffrait aussi de la poitrine : « Je sens «c ici, disait-il en y mettant la main, quelque chose qui me
ï Charl.-Aug., p. 552.
* Dép. de Favre,
* Lettre cdxc\'«.