LIV. Vn. — SA DÉVOTION A MARIE
r Angélus, il se découvrait et le récitait à genoux, en quelque endroit qu'il se trouvât *• Lorsqu'il disputait contre les hérétiques, il se recommandait toujours à la sainte Vierge avec une conGance entière, par les paroles que lui adresse l'Église : Cunetas h^reses sola interemisti in universo mundo. Il réclamait de même son secours dans toutes les diflicultés^ et prêchait à tous cette salutaire pratique.
« Je trouve, disait-il, tout mon secours dans le saint Sacrent ment et dans la Mère de Dieu, de laquelle j'ai toujours reçu « des assistances très particulières et toutes miraculeuses. Oh ! « que je sens bien, ajoutait-il ^, quel bonheur c'est d'être en- « fant, quoique indigne, d'une si glorieuse mère ! Entrepre- « nons de grandes choses sous sa protection; et, si nous ce sommes tendres dans son amour, elle nous obtiendra ce (c que nous désirons. » De là, ses visites à Notre-Dame des Grès, lorsqu'il étudiait à Paris, et plus tard, ses pèlerinages à Lorette, à Notre-Dame de la Compassion de Thonon, à divers autres sanctuaires de Marie ; de là la grande joie qu'il éprouvait de rencontrer dans la visite de son diocèse beaucoup d'églises dédiées à cette sainte Mère de Dieu. Un jour que, pour essayer de gravir une colline fort escarpée, sur laquelle était située une église delà sainte Vierge, il s'était mis les pieds tout en sang, ses gens voulurent l'arrêter et le faire renoncer à une course aussi pénible : « Il est vrai, leur répondit-il, que je suis très « fatigué; mais, si c'est pour moi un sujet de honte de n'être « pas assez accoutumé à la fatigue pour le service de Dieu, ce c( m'est un sujet de joie d'avoir répandu mon sang au service « de la Mère de Dieu ^. »
Tel était le dévouement du saint évêque à Marie, qu'il en parlait dans toutes ses prédications, dans toutes ses conférences, partout où il en pouvait trouver l'occasion* : il pré-
1 Dép. de Baylay.
» Dép. de sainte Chantai, art. 33, p. 119. » Année de la Visitation, 3 août..
* Dép. de François Favre,
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chait à toutes ses fêtes; et la ferveur, Taliégresse, Tabondance de sa parole, témoignaient de ses sentiments intérieurs : « Vous « savez, écrivait-il à sainte GhantaP, que notre glorieuse Reine « me donne toujours une assistance particulière quand je « parle de sa divine maternité : je la supplie de mettre la main « dans le précieux côté de son Fils pour y prendre ses plus (( chères grâces et nous les donner avec abondance. »
Sa tendre dévotion à Marie lui inspira la pensée de dédier à cette reine du ciel son Traité de Vamùur de Dieu, et on ne peut lire cette épitre dédicatoire san% admirer les saintes ardeurs de son cœur envers elle : Très sainte Mère de Dieu, « lui dit-il, la plus aimable, la plus aimante et là plus aimée « de toutes les créatures, prosterné sur ma face devant vos « pieds, je vous dédie et consacre ce petit ouvrage d'amour « àTimmensegrandeurdevotredilection.O Jésus! àqui puts- <( je mieux dédier les paroles de votre amour, qu'au cœur très « aimable de la bien-aimée de votre âme? » Chaque mois il assistait régulièrement à la procession de la confrérie du Rosaire, dont il était membre, tenant le chapelet à la main, avec un extérieur profondément recueilli. Chaque année le jour de la Présentation il renouvelait le vœu de virginité qu'il avait fait, étant encore au collège, sous les auspices de Marie, et la résolution de n'être plus qu'à Dieu et à l'Église'. Le jour de rimmaculée-Conception, jour cher à sa piété entre tontes les fêles de la sainte Vierge, fut converti par son zèle en fête d'obligation pour tout son diocèse : il avait choisi cette fêle pour le jour de son sacre; et, lorsqu'il n'était encore que sous-diacre, il avait institué, sous le vocable de Tlmmciculée- Conception, une confrérie de pénitents. Enfin la plus grande partie de sa vie épiscopale fut employée à fonder sur la terre un ordre qui chantât tous les jours les louanges de cette souveraine Reine; savoir, l'ordre de la Visitation, chargé de réciter chaque jour l'office de la sainte Vierge.
1 Dép. de sainte Chantai, art. ÎJ3, -p. 119.
2 Dép. du chan. Gard,