‹ Vie de Saint François de SalesChapitre 206 sur 292 · LIV. VII. — SA DÉVOTION AUX SAINTS · texte numérisé non relu

LIV. VII. — SA DÉVOTION AUX SAINTS

Joseph, dont on parlait peu avant elle ; le bon larron et la Madeleine^ , modèles l'un et l'autre de la parfaite pénitence; sainte Blandine, dont il visitait la prison et les reliques toutes les fois qu'il passait à Lyon, « parce que, disait-il^ elle avait été <( sa protectrice dans la mission du Chablais^ et son cœur avait €c été encouragé par la générosité de cette servante de Jésus- « Christ'; » enfin sainte ApoUonie, dont il avait éprouvé le pouvoir auprès de Dieu un jour qu'il souffrait cruellement du mal de dents. Sainte Chantai lui ayant alors envoyé un linge qui avait touché les reliques de la sainte, en lui demandant de rappliquer sur sa joue malade, pendant que la communauté serait en prière pour sa guérison : « Voilà votre remède, lui « écrivit-il peu d'instants après en lui renvoyant le linge; <( il a été souverain... Je dois confesser, à la gloire de Jésus- . K Christ et de sa sainte épouse Apollonie, que je ne croyais u pas pouvoir dire la messe aujourd'hui» à cause de l'enflure « prodigieuse de ma joue , mais que , m'étant appuyé sur mon « prie-Dieu et ayant posé ma relique sur ma joue, j'ai dit : Mon « Dieu! qu'il me soit fait comme mes filles le désirent, si « c'est votre volonté; et tout aussitôt mon mal a cessé ^ ma « joue a été désenflée. Oh! que Dieu est admirable dans ses « saints! II a voulu que le mal me soit arrivé pour faire hott norer son épouse Apollonie et nous donner une preuve sen- « sible de la communion des saints^. » Enfin, parmi les saints chers au cœur de l'évèque de Genève, nous devons mentionner encore les deux saints Antoine, l'un patriarche des solitaires, Tautre la gloire de Padoue : « J'ai choisi le premier, disait-il, <( pour être un des gardiens de mon petit désert intérieur, où a je demeure solitaire en Dieu ! au milieu du monde et des af- « faires qui m'environnent : pourquoi serais-je distrait par a les hommes, puisque ce saint ermite n'était pas distrait de u ses oraisons par des légions de démons? » Il n'aimait pas

* £$prU de saint François de Sales, VIII* part., secl. xxiv. « Année de la Visitation, 2 juin.

3 Année de la Visitation, 9 février.

moins saint Antoine de Padoue, dont les prédications apostoliques ont converti tant d'àmes, et il réprimandait les censeurs qui ImprQUvaient Tusage populaire de s'adresser à lui pour retrouver les choses perdues : « Dieu, disait-il, a fait a voir que tel est son bon plaisir, puisqu'il a cent fois opéré « des miracles par ce saint : pourquoi ne pas croire à l'évi- <( dence des faits?... Vraiment, Monsieur, dit-il un jour à un « de ces critiques indiscrets, j'ai envie que nous fassions ence semble un vœu à ce saint pour recouvrer ce que nous perce dons tous les jours, vous la simplicité chrétienne, et moi ce l'humilité, dont je néglige la pratique ^ »

Cette dévotion de François de Sales à quelques saints par* ticuliers ne nuisait en rien à ce qu'il devait aux saints en gé- .néral; il les révérait tous, sachant que Dieu se plaît à voir honorer ceux qui Tont le mieux servi, et il s'édifiait de la variété de leurs vertus. Gomme je lui disais un jour, raconte un des employés de sa maison ' , que la sainteté d'un saint ne ressemblait pas à celle d'un autre : ce Non , sans doute , ré- « pondit-il, il y a autant de sortes de sainteté que de saints: ce et les saints ne se ressemblent que par le soin qu'ils ont eu c( tous de tendre à la même fin. » De là ce zèle pieux qui le portait à aller dire la messe dans les églises le jour qu*on y célébrait la fête patronale, à y prêcher, à y assister aux offices et prières qui se faisaient en l'honneur du saint patron; de là aussi ce grand respect qu'il portait à toutes les reliques des saints. Nous avons vu avec quelle dévotion il vénéra à Grenoble le manteau de saint François de Paule, sur le mont Yoîron les reliques de saint Germain ; et il traitait de même toutes les autres reliques, vénérant en elles les temples qu'avait occupés le Saint-Esprit et les arches où avait reposé souvent \a sainte Eucharistie.

1 Année de la Visitation, 13 juin, s Dép. de Michel Favre,

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