LIV. VIL — SA DOUCEUR
« ceur, dit un de ses historiens \ il ne se dépitait jamais contre « lui-même; et le déplaisir qu'il avait de ses fautes était pai- « sible, rassis et ferme, estimant que nous nous châtions bien « mieux nous-mêmes par des repenlances tranquilles et cons- « tantes que par des repentances aigres et colères. — Pour (< moi, disait-il, je ne voudrais pas, après une chute de vanité, « par exemple, reprendre mon cœur en celte sorte : N'es-tu « pas misérable et abominable qu'après tant de résolutions tu " t'es laissé emporter par la vanité? Meurs de honte, ne lève " plus les yeux au ciel, aveugle, impudent, déloyal à ton Dieu. « Mais je voudrais le corriger raisonnablement et par voie de « compassion. Or sus, mon pauvre cœur, nous voilà tombés " dans la fosse que nous voulions échapper : relevons-nous, « espérons en la miséricorde de Dieu et remettons-nous au « chemin de Thumililé. Courage! soyons méshuy sur nos « gardes. Dieu nous aidera, nous ferons prou; et je bâtirais « la-dessusune ferme résolution dene plus retomber. » « Quand « il nous arrive de faire une faute, dit-il encore, il faut corri- * ger notre cœur doucement et tranquillement, sans nous « courroucer ni nous troubler 2. » « Prosternons-nous devant « Dieu, ajoute-t-il ailleurs ^, pour lui dire en espritde confiance « et d'humilité : Seigneur, miséricorde, car je suis infirme. « Puis relevons-nous en paix, renouons le fil de nos affections « et continuons notre ouvrage. 11 faut souffrir dans notre pro- « pre imperfection pour avoir la perfection, prendre patience « avec ses imperfections en travaillant à les corriger, recom- « mencer tous les jours et ne croire jamais avoir assez fait. »
* Dom Jean de Saint-Fi-aiiçois, p. 468. ^ Lettre dccc*.
' Lettre clxxvii. — Esprit de saint François de Sales, XYU* part., 8OCI. XIX. — XV III' part., sect. xx et xxi.