CHAPITRE XI
SON ZKLE * .
Nous sommes habitués à regarder la douceur comme la vertu dominante et caractéristique de François de Sales; et, si son nom est demeuré dans TÉglise suave comme un délicieux parfum, c'est que, dans Tappréciation commune, ce nom s'identifie avec la douceur même. Sainte Chantai, toutefois, jugeait autrement son bienheureux père. Quelque haute idée qu'elle eût de sa douceur, elle estimait qu'il y avait encore en lui une vertu plus dominante, savoir, le zèle du salut des âmes. Tel était en effet le zèle de cet homme apostolique, qu'il ne pouvait penser, sans brisement de cœur, au malheur des pécheurs qui se damnent, ou au danger des âmes qui se relâchent dans le chemin de la vertu ; il en versait des larmes amères, il en gémissait le jour et la nuit; et, si les autres affaires venaient distraire ailleurs son esprit, on Tentendail, dès que la pensée lui en revenait, soupirer comme un homme dont on touche la plaie. « 0 Seigneur! disait-il, faites que ces « aveugles voient, dites une parole, et ils seront guéris; con- « vertissez-les, et ils seront convertis. » A Tépoque du ca^ naval, il écrivait à sainte Chantai ^ : « Me voici en mon triste « temps ; tout misérable et détestable que je suis, j'ai le cœur « abîmé dans la douleur en voyant que tant d'âmes se relâ- (c chent. Ces deux derniers dimanches nos communions se « sont diminuées de moitié, et cela pour suivre la vanité. Oh!
» Dép. de saillie Chantai j art. 44, p. 1G9. —Art. 47, p. 187. 2 Esprit de saint François de éSales, XVIII* part., sect. ix.