‹ Vie de Saint François de SalesChapitre 228 sur 292 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

SA FRIDENCE ET SA SIMPUCITÉ

Nous joignons ensemble ces deux vertus, à cause des rapports intimes qui les unissent : car si la prudence nous enseigne à penser, à dire et faire ce qu'il faut, dans le temps et de la manière qu'il le faut, la simplicité la seconde en dirigeant toutes les puissances de Tàme uniquement vers le devoir, sans se laisser distraire par ce qu'on pourra dire ou penser autour d'elle. L'évêque de Genève posséda à un haut degré ces deux vertus : il fut d'abord remarquable par sa prudence; jamais on ne le vit rien faire à la légère ou avec cet empressement qui se trouble en se précipitant et éloufTe la réflexion : toujours, avant d'agir ou de parler, il réfléchissait sur ce qu'il allait faire ou dire; et, toutes les fois qu'il le pouvait, il demandait conseil pour ajouter la sagesse des autres à sa propre sagesse ; surtout il priait en raison de Timpor* tance de la chose, attendant beaucoup plus de la lumière de Dieu que de son propre esprit, et jamais il n*en venait au fait que quand, à l'aide de ces divers moyens, il avait vu clairement ce qui était le plus sage. Alors il agissait, mais posément, étudiant et saisissant les circonstances favorables, recherchant et prenant toujours les moyens dictés parla droiture, inspirés par la charité. Aussi discret dans le langage que dans l'action, jamais on ne lui a entendu dire une parole mal à propos; jamais il n'a laissé échapper un secret, et il mesurait si bien toutes ses expressions, qu'elles rendaient parfaitement tout ce qu'il voulait dire, ni plus ni moins ^

* Dép, de sainte Chantai, art. 28.

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