‹ Vie de Saint François de SalesChapitre 248 sur 292 · LIV. VIL ^ SON HUMILITÉ · texte numérisé non relu

LIV. VIL ^ SON HUMILITÉ

« gentil esprit : cela lui apprendra à mieux écrire désor- « mais *. »

Telle était même Thumilité du saint évéque, qu'il désirait paraitre aux regards du monde, non pas humble, mais vil et abject, tel qu il se croyait être. « Je me suis figuré, raconta- <( t-il un jour à un de ses amis ^, mourir sur un échafaud ou « être brûlé vif en vertu d'une sentence de mort portée injus- « tement contre moi, et je me suis réjoui de perdre l'honneur « avec la vie par respect pour le bon plaisir de Dieu, s*il vou- « lait le permettre ainsi. » C'était même une de ses maximes que, si le monde ne trouvait pas à redire en nous, nous ne serions pas bons serviteurs de Jésus-Christ. « Bienheureux sont « les humbles, disait-il, parce qu'ils arriveront sûrement au <« port : c'est là la béatitude qui me plaît le plus, et je voudrais « qu'au dernier jour ma justice, s'il s'en trouve une en moi, « fût cachée à tout le monde et connue de Dieu seul ^. »

De là vient que jamais on ne lui a entendu dire un mot à son avantage; jamais on ne Ta vu se préférer à. personne : il avait, au contraire, une adresse merveilleuse pour couvrir le bien qui était en lui, et cacher ce qui pouvait le faire estimer, afin que Dieu seul fût dans le secret de ses mérites. Aussi ne Be serait-il jamais permis la moindre action ou la moindre parole en vue de paraitre vertueux. « Il faisait tout, dit sainte << Chantai, pour remplir son devoir, sans autre point de mire « que la volonté de Dieu ^. » Et dans la pratique des vertus il préférait aux vertus plus éclatantes, qui sont, selon son beau langage, attachées au haut de la croix de manière qu'on les voie et qu'on les admire, celles qui naissent au pied de la croix, et ne paraissent point aux yeux des hommes, comme l'humilité, la douceur, le support cordial du prochain, la condescendance aux inclinations d'autrui, la modestie, la simpli-

• Esprit de saint François (le Sales j p. 426.

2 Ibidem^ p. 440.

^ Dép. de la mère de Chaugy,

*■ Dép, de sainte Chantai.

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