‹ Vie de Saint François de SalesChapitre 278 sur 292 · LIV. Vif. — PROCÈS DE CANONISATION · texte numérisé non relu

LIV. Vif. — PROCÈS DE CANONISATION

qu'on travaillât à la cause du saint évèque et qu'on y procédât avec la dernière rigueur, afin que tout l'univers sût bien que cette canonisation était une œuvre non de faveur, mais de justice sévère. Le 26 avril 1655, trois décrets furent rendus, et on espérait toucher prochainement au terme, lorsqu'on reconnut un vice essentiel de formes, qui obligea à recommencer tout le procès à nouveaux frais. Et telle fut la fin de la seconde poursuite du procès.

La troisième poursuite, qui aboutit à la béatification du serviteur de Dieu, commença au mois de janvier 1656. Les évéques du Puy, de Belley et de Maurienne, désignés comme commissaires apostoliques, vinrent à Annecy reprendre les informations sur les vertus et les miracles du saint prélat, ouvrirent de nouveau son sépulcre et n'y trouvèrent plus les chairs intactes; mais, en compensation, il s'en exhala de suaves odeurs que les médecins déclarèrent ne pouvoir être que surnaturelles, et qui, se répandant de toutes parts, pénétrèrent tous les assistants d'un saint respect et de la plus tendre dévotion. Pendant qu'à Rome comme à Annecy, on travaillait avec ardeur à la poursuite de ce procès, qui intéressait si vivement tous les cœurs, un malheureux, pour entraver l'affaire^ jeta dans le consistoire un billet diffamatoire portant que le saint évèque n'était pas baptisé. L'imputation était fausse ; on le savait, mais on ne pouvait le prouver, parce que les registres de la paroisse de Thorens avaient été brûlés avec l'église. Heureusement Dieu fit qu'on en trouva deux preuves^ la première dans un papier découvert aux archives du château de Sales; la seconde dans le témoignage d'un paysan de Thorens, attestant avec serment avoir souvent ouï dire à son père qu'il avait eu l'honneur de sonneries cloches au baptême de M. de Sales.

La peste qui survint ralentit la marche du procès. Enfin^ en

le saint fit dans ces deux villes. Le jeune Chigi avait quatorze ans quand le saint vint à Milan et vingt-trois quand il vint à Turin. A Tun ou l'autre de ces deux âges, il a pu rencontrer le saint évoque et le consulter.

1658, toutes les informations et pièces de procédure, faites à Annecy, furent envoyées à Rome ; en 1659, le procès fut déclaré valide et en bonnes formes; dispense fut accordée par le Pape des treize années qui restaient à s'écouler pour compléter les cinquante ans d'usage entre la mort et le décret de béatification. Le 28 décembre 1661, la béatification fat annoncée par un bref pontifical, et célébrée avec pompe onze jours plus tard. Le 2 octobre 1662, Alexandre VII recueillit en consistoire les suffrages des cardinaux, patriarches» archevêques et évéques pour la csmonisation, et enfin le 19 avril 1665, après de nouvelles enquêtes et de nouvelles discussions, le bienheureux François de Sales fut solennellement canonisé par le bref d'Alexandre VII, dont nous donnons ici la traduction.

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