VIE DE B. PR. DR SALES. — II
dû à son évêque, sur les foDCtions duquel il craignait de paraître vouloir empiéter. La mort de Tun et de l'autre le mit eD pleine liberté de suivre les mouvements de sa charité , et d'aller partoat où le pousserait sa piété.
XXIX. Jouissant donc de la plénitude de son autorité^ il remplit dans toute son étendue les fonctions d*un évéque. On le vit veiller avec grand soin à garantir son troupeau de la dent meurtrière des libertins et des hérétiques habitués à dresser, comme les loop$, des embûches aux brebis ; on le vit publier de saintes ordonnances pour établir le bon ordre dans le clergé, faire vivre d'une manière pieuse et édifiante tous ceux qui composaient sa maison, se proposer pour modèle les saints Pères et les plus respectables évèqBes de l'antiquité, tenir des synodes, rétablir les anciennes lois de la discipline ecclésiastique, ou en faire de nouvelles, surtout travailler sans relâche à conserver la religion catholique dans toute sa pureté, soit en formant les mœurs des catholiques, soit en réfutant les erreurs des hérétiques, soit en ramenant au troupeau de Jésas- Christ les brebis égarées.
XXX. Par là, et surtout pour avoir fait rentrer dans le sein de l'Église deux gentilshommes du pays de Gex, il anima tellement contre lui les ministres calvinistes, que, poussés par la rage et la lureur, ils le firent empoisonner; mais il n'en mourut point, par un effet de la protection de la sainte Vierge, à laquelle il se recoonianda.
XXXI. Un si grand danger, bien loin de refroidir son lèle, ne lit que l'animer plus que jamais à travailler au ministère de la diw parole. Ses prédications firent à Dijon, à Grenoble , à Paris et en d'autres lieux, de glorieuses conquêtes à la foi catholique; il convertit entre autres Claude Boucart, professeur public de théologie à Lausanne; François, duc de Lesdiguières, vice-roi du Dauphiné; Barbier et Jacques Philippe, célèbres ministres de la secte de Calvin.
XXXII. Et, pour ne laisser, relativement à ses prédications, aucon sujet de douter de la pureté de ses intentions, il refusa généreose ment tout l'argent qui lui fut offert sous le titre d'honoraire, on de témoignage d'estime, même par des princes, au point que, ladochesse de Longueville l'ayant prié d'accepter une bourse pleine d'or, il lui répondit qu'il voulait donner gratuitement ce qu'il avait refo