TIE DE S. FR. DE SALES. — II
souvent jaloux Tun de i*au tre * . Quelque excellentes que fusse nt ces raisons, sa demande n*e ut pas le succès qu*il désirait; la France fît opposition à cette mesure, et Térection du siège n'eut pas lieu.
Une autre affaire ne tenait pas moins au cœur de Thomme de Dieu : c'était la canonisation d'Amédée III, duc de Savoie, né à Thonon en 1435, et mort à Turin àTàge de trente ans. Déjà plusieurs églises, l'honorant comme bienheureux, tenaient son image exposée à la vénération des fidèles, et le ciel justifiait ce culte par d*éclatants miracles ; mais le saint prélat, touché des héroïques vertus qui avaient marqué le passage du bienheureux Amédée surlaterre, désirait augmeater sa gloire en obtenant sa canonisation^. Il en écrivit au duc régnant et le pressa vivement de poursuivre cette affaire si honorable à sa famille, si chère à toute la Savoie : « Les mice racles que Dieu a faits en faveur de ce grand prince, lui « dit-il ', la profonde estime que les peuples font de sa sain- « teté, les histoires qui célèbrent si hautement son éminente « vertu, ce sont là comme autant de sommations que vous « fait ce saint prince de lui faire rendre les honneurs qui lui (( sont dus. » Le duc entra dans les pensées du pieux évéqne, d'autant plus volontiers, qu'ayant déposé tous ses soupçons anciens, il l'avait alors en singulière vénération, et venait de lui en donner une preuve en le nommant à Fabbaye de Ripailles, récemment vacante par la mort du titulaire. Appuyé de cette imposante autorité, l'évéque de Genève adressa sa supplique au Souverain Pontife Paul V : « Cédez à nos ins- « tances, très saint Père, lui dit-il*; ne souffrez pas que 0 cette lampe embrasée du feu divin demeure plus longtemps (( cachée sous le boisseau ; placez-la sur le chandelier, afin (( qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison de rÉglise;
• Lettre ccui«.
« Charl.-Aug., p. 4-i5.
3 Lettre ccu*.
* Lettre ccLir.