‹ Vie de Saint François de SalesChapitre 58 sur 292 · L VI. — DU POUVOIR DU PAPE SUR LE TEMPOREL DES ROIS · texte numérisé non relu

L VI. — DU POUVOIR DU PAPE SUR LE TEMPOREL DES ROIS

a II esl bien sûr que, dans cette guerre, une pieuse adresse, « une manière de procéder pleine de douceur et de prudence « opère plus qu'un savoir enflammé et un esprit ardent. Ce « qu'on méprise tombe de soi; ce qu'on combat avec feu ac- « quiert de Timportance. Spreta exolescunt; si irascaris^ c< agnita videntur, La meilleure réponse qu'on puisse faire a aux esprits turbulents, c'est donc le mépris et le silence ; a de sorte qu'il faudrait qu'à présent, en France, tous les a prédicateurs inculquassent, avec douceur et sans agitation, « l'unité de l'Église et la soumission au souverain pasteur, « sans disputer de son autorité sur les princes. A l'égard des « personnes qui parlent mal de l'autorité du Pape, il ne fau- « drait pas leur répondre directement, mais indirectement, M en se plaignant qu'ils agissent ainsi sans nécessité et avec a une intention maligne de rendre odieux le Saint-Siège, qui « est rempli de douceur et d'aiïection pour la monarchie « française; il faudrait, en révélant cette mauvaise intention, « les rendre odieux eux-mêmes, comme des perturbateurs du « repos public, et faire entrer doucement dans le discours la « nécessité de l'unité catholique et de l'attachement au Saint- « Siège, qui est le nœud de cette unité.

a II conviendrait encore d'établir, par le moyen de prélats « prudents et zélés, une bonne intelligence entre la Sorbonne » et les Jésuites, afin que ces deux corps unis ensemble pus* <( sent travailler plus efficacement au champ du Seigneur; et, « pour amener cette union, il faudrait en faire comprendre « l'importance à la reine, en lui exposant que si les prélats, <( la Sorbonne et les Religieux étaient bien unis, c'en serait « fait de Thérésie en dix ans; il faudrait avoir des personnes « de confiance qui aidassent M. le nonce et pussent familia- « riser les uns avec les autres; il faudrait recommander la « chose aux provinciaux et généraux d'ordre; envoyer à « l'Université, spécialement à la Sorbonne et aux prélats, des « brefs pleins de cordialité et de démonstration de Taflection « paternelle de notre Saint-Père pour ce royaume ; mais,

« avant d'en venir là, il conviendrait qu'on eût traité l'affaire, « à Paris, avec la reine et son conseil; à Rome, avec Tam- (( bassadeur et les cardinaux français, en montrant un grand (( empressement pour la cessation de telles disputes : la chose « presse. Sero medicina paratUTy cum mala per longas inoai(. fuere tnoras. »

Le cardinal Borghèse montra ce mémoire au Pape Paul Y, qui loua la prudence de l'auteur et approuva tous les moyens de conciliation proposés; mais malheureusement on les négligea, et bientôt les disputes recommencèrent.

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