‹ Vie de Saint François de SalesChapitre 65 sur 292 · LIV. VI. — NOUVELLES TENTATIVES DE SON ZÈLE A GEX · texte numérisé non relu

LIV. VI. — NOUVELLES TENTATIVES DE SON ZÈLE A GEX

et fait communier, i] les délivra pleinement par sa seule bénédiction ^

François resta peu de temps à Annecy; il en partit pour se rendre au pays deGex, qui faisait l'objet continuel de ses sollicitudes. Les ministres hérétiques de cette contrée, soutenus par la république de Genève, encouragés par la politique timide de la France à Tendroit de l'hérésie, s'obstinaient à ne point rendre à FÉglise les biens qu'ils lui avaient enlevés; et les prêtres qu'on y envoyait pour y rétablir la religion catholique manquaient des choses les plus nécessaires à la vie^. Sans se laisser décourager par l'inutilité de ses premières tentatives, François avait, Tannée précédente, adressé à Louis XIII une requête sur ce si^et; niais, le chargé d'affaires de Genève à Paris ayant refusé d'en recevoir communication, et les seigneurs de sa république, qu'il avait informés de sa démarche, en ayant écrit à la reine régente, la requête fut mise à néanL Débouté de ce c6té-l&, il fit agir un de ses^ amis, M. le Mazuyer, conseiller du' roi, et plus tard premier président du parlement de Toulouse, pour obtenir qu'au moins les bénéfices, à mesure qu'ils viendraient à vaquer, fussent dévolus aux curés catholiques par la règle ordinaire du concours et lanomination de Tévèque. Ce digne ami sollicita pour le saint prélat non seulement la concession du droit qu'il réclamait, mais encore une position meilleure, qui le mettrait à même de faire plus de bien. Voilà ce qui explique cette lettre inédite de saint François de Sales, en date du 14 novembre 1612' : « Notre pauvre Gex, lui écrit-il, est toujours presque en même <c état : ce qu'il y a de plus, ce ne sont que des dispositions M qui promettent un meilleur avenir; il en faut louer Dieu : M nous ne méritons pas qu'il change subitement les cœurs,

< Cbarl.-Aug., p. 437 et 438.

* Lettre cclxxxiv».

' M. le marquis de Cambis dit avoir copié cette lettre sur roiiginal à Toalouse, chez madame la marquise de Thezan, arrière-petite-flUede M. le Mazuyer, t. II, p. 347.

ViH VIE DE SAINT FRANÇOIS DE SALES.

<( comme il changea Teau ea vin. J'essayerai de faire que rien c< ne manque autant que mon pouvoir s^étendra... Votre bonté « a impétré des lettres pour la nomination de nos prêtres aux « bénéfices, mais elles exigent tant de formalités, qu'elles ne « pourront guère leur être utiles : car, s'il manque la moindre € chose, il ne manquera pas d'entrepreneurs qui attaqueront c( ces pauvres curés pour avoir leurs bénéfices; viande si « friande en ce temps, que les plus incapables en veulent plus « avoir. Je vous remercie de vos projets bienveillants à mon <c égard; je ne mériterai jamais cette faveur, si mes désirs de « faire le bien ne me tiennent lieu de mérite. Dieu, qui de sa « grâce a été jusqu'à présent avec moi en ce chemin ecclé- « siastique par lequel je chemine, m'a donné du pain à manger « et de l'eau à boire et des vêtements pour m'affubler; c'est « bien assez pour m'obliger à le tenir pour mon Dieu, à lui « dresser des autels à Gex, en France et partout où il lui « plaira employer ma misère pour la gloire de sa miséricorde. c( Je vous parle ainsi, Monsieur, dans la confiance de l'amitié, (c non pas pour faire le rcfuseur, mais pour vous dire que je « ne serai jamais prélèndeur. Celui qui ne se contente pas de « ce qui suffît n'a jamais assez : Cuiquod salis est naneslsaiù^ « nihil satis est. »

Les bons offîces de M. le Mazuyer n'obtinrent que de médiocres résultats, et François comprit qu'il ne lui restait qu'à faire par lui-même, dans le pays de Gex, tout le bien qu'il pourrait : il y passa donc tout le mois de novembre; et, à force de zèle et d'industrie, il vint à bout d'y rétablir l'office divin en huit paroisses : Gex et Farges, Peron et Chalex, Ussy et Divonne, Thoiry et Sacconay; il obligea les curés qu'il y plaça à y résider constamment, sous peine d'être privés d'une partie de leurs bénéfices, proportionnelle au temps de leur absence; il pourvut toutes ces églises de ce qui leur était nécessaire, fixa l'heure de la messe et des vêpres, prescrivit le prône et le catéchisme chaque dimanche, le chant d'une antienne à la sainte Vierge chaque samedi, et des prières ré-

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