‹ Vie de Saint François de SalesChapitre 70 sur 292 · LIV. VI. — SOxN VOYAGE A SION · texte numérisé non relu

LIV. VI. — SOxN VOYAGE A SION

« scUem, et avait remplacé le père par le fils pour rétablir sur

(( là ville de Sion. J'augure de vos bonnes lettres et du désir

tt extrême que j*ai d'y correspondre, que mon amitié avec

« Tévéque de Sion, qui semblait avoir cessé pour toujours, va

« revivre plus forte que jamais. Pour moi, j'ai Thonneur de

a vous assurer que je suis prêt à vous rendre non seulement

« tous les services fraternels qui dépendent de notre commun

« ministère^ mais encore tous ceux que vous pourriez attendre

V d'un très fidèle et très humble serviteur, étant, plus qu'au-

« cun homme du monde, dévoué à votre personne et à vos

« intérêts. Ce sera toujours pour moi une chose très agréable

« de me trouver dans le cas de rendre quelque service à Votre

« Seigneurie, illustrissime etrévérendissime; et en cela je ne

« ferai que suivre Tintention de Notre-Seigneur, lequel n'a

« permis que nous fussions si voisins qu'afin que noussuppor-

« tassions mutuellement les fardeaux i*unde l'autre ; je rem-

« plirai de plus un devoir de reconnaissance, eu égard à la

« bienveillance que vous m*avez témoignée, et je satisferai

« un besoin démon cœur, ne pouvant me dispenser d'obliger

« en toutes manières un prélat qui a toujours eu une souve-

« raine affection, un attachement constant et inviolable pour

« l'Église catholique. Si doncVolreSeigneuriea besoin de moi,

<< ou pour sa consécration, ou pour quelque autre chose que

« ce soit, elle en peut disposer absolument. En attendant, je

« ne cesserai de conjurer notre divin Maître et Sauveur qu*il

^< vous envoie de son sanctuaire un puissant secours, pour

« conduire sûrement au port si désiré de la bienheureuse

« éternité votre vaisseau qu'agitent les plus horribles tem-

« pêtes *. »

L'évèque de Sion, heureux d'avoir à son sacre, pour évêque assistant, un prélat aussi vénéré, ne manqua pas de Tinviter ; et François, prompt à obéir à l'invitation, se mit en route pour la capitale du Valais, éloignée d'Annecy d'environ vingt

» Lettres ccxcii* et ccxciii*.

lieues. Les chanoines et les principaux habitants de Sion, informés de sa venue, accoururent à sa rencontre jusqu*à MorgeSy petite ville du canton de Yaud, le complimentèrent par l'organe du doyen du chapitre, auquel il répondit avec autant de modestie que d*à-propos, et lui firent cortège jusqu^à Sion. Là» on lui fit la réception la plus honorable : et le jour du sacre^ il monta en chaire , revêtu de la chape et delà mitre, prononça sur la dignité épiscopale un discours tout à la fois noble et simple, aussi énergique pour le fond que naturel pour la forme, qui inspira aux nombreux hérétiques que la curiosité avait amenés le mépris du langage affecté de leurs ministres. Ce premier discours en fît désirer d'autres; et le saint évéque, se prêtant volontiers aux vœax de ses auditeurs, fit une suite d'entretiens sur les caractères auxquels se reconnaît la véritable Église, surtout sur la nécessité de la succession non interrompue des pasteurs et d'une autorité qui enseigne le savant comme l'ignorant. <c A ces i( caractères, dit-il, l'esprit le plus grossier peut discerner la « vraie Église sans aucune discussion doctrinale ni théologi- « que. L'Église romaine est la seule des sociétés chrétiennes « qui ait une méthode courte et facile pour instruire les pea- « pies des vérités évangéliques, la méthode de la discussion <c et du raisonnement ne pouvant convenir au peuple ni à « presque personne, puisqu'elle jette le plus souvent lessa- « vants et les beaux esprits dans des travers et des excès di- « gnes de pitié. L'Église, dont la doctrine est faite pour toutes c< sortes d'esprits et est un objet de foi et de soumission plutùt « que de science et de disputes, n'a d'autre méthode que « celle de l'autorité enseignant à tous ce qu'il faut croire; et « rien n'est plus selon la raison que decroire à Dieu, de croire « à l'Église, de croire à l'autorité la plus grande, la plus reste pectable comme la plus respectée de tout temps par les plus « grands génies et les plus savants hommes. » Ces principes éclatants de vérité, embellis encore par la douceur et la vertu de l'orateur, confirmèrent les catholiques dans la foi et ébran-

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