‹ Vie de Saint François de SalesChapitre 8 sur 292 · VIE DE 8. FR. DE SALES. — II · texte numérisé non relu

VIE DE 8. FR. DE SALES. — II

« Dieu nous fait voir en ces émotions combien nous sommes u de chair : ayez de la condescendance pour ceux qui vou- « dront vous présenter ce pauvre homme, et témoignez que « vous aimez la mort même de votre mari, celle de vos « pères, de vos enfants, de vos plus proches, et la vôtre « propre, en Tamour et pour l'amour de notre doux Sauveur. « Pratiquons ces basses, mais solides, saintes et excellentes « vertus. »

Pleine de tant de belles instructions, madame de Chantai, retirée à Monlhelon chez son beau -père, travaillait avec une ardeur infatigable à sa sanctification, et embrassait toutes les bonnes œuvres qui se présentaient, soignant les malades les plus dégoûtants, pansant leurs plaies, visitant les pauvres et pourvoyant à tous leurs besoins comme si elle eût été leur servante*. Mais tout ce qu'elle faisait ne lui semblait rien, si elle ne se consacrait elle-même à Dieu dans la vie du cloître. « Ne pensez-vous pas, écrivait-elle à son saint directeur^, que « je quitterai un jour toutes les choses de ce monde pour ne « plus m'occuper que de Dieu dans la retraite? Laissez-moi « au moins cette chère espérance. » L'évêque lui répondit qu'il priait et faisait prier Dieu pour connaître sa volonté à ce sujet; qu'un jour elle quitterait tout, mais qu'il ne savait pas encore pour quelle destination; qu'il continuerait de prier et de faire prier, et que, pour elle, elle devait s'abandonner avec une résignation absolue à la conduite de la Providence, sans autre désir que d'obéir et d'aimer toujours davantage son Dieu; que, du reste, avant de rien statuer de définitif, il avait besoin de conférer avec elle; et, pour cela, il lui manda de se trouver à Annecy quatre ou cinq jours avant la Pentecôte. Forcée par des afl^aires de diff*érer son départ, elle marcha à grandes journées et même une grande partie d'une nuit au milieu de la pluie et du plus afi'reux orage, de manière à arriver précisément au jour fixé.

* ^Mémoires île la mère de Chaugy, p. (38 et suiv. 2 Ibidem, p. 79.

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