CHAPITRE I
des choses divines , tant d'ardeur pour la sanctification des ames , tant de ferveur et d'onction dans ses prières , que ses efforts ne pouvaient manquer de réussir et d'être bénis du ciel. Il paraissait en sortant de la solitude , dit son biographe , comme un autre Moïse qui venait de converser avec Dieu sur la montagne.
Ses premières prédications , après son retour à Grenoble , produisirent des fruits abondants. Une des conversions les plus célèbres que saint Hugues ait opérées se rapporte à cette époque; ce fut celle de trois clercs de son église : Pierre de Guillaume, Jean Lombard et Constantin (1 ). Ces ecclésiastiques donnèrent l'exemple d'un sincère repentir à ceux qu'avaient scandalisés leurs sacrilèges et leurs débauches. Touchés par les éloquentes réprimandes de leur évêque , ils se jetèrent à ses pieds , et lui demandèrent, en expiation de leur vie passée , de leur imposer les épreuves et pénitences du cloître. Pour donner plus de solennité à cette pieuse démarche , Hugues exigea qu'elle se renouvelât en présence du synode ecclésiastique qu'il assemblait et qu'il présidait tous les ans. Ses vœux furent accomplis. Il donna d'abord à ces religieux
(1) Cartulaire de saint Hugues, acte 18; autre acte 106, fol. 480 de la copie , rapporte une autre conversion d'un chanoine qui avait eu aussi de graves reproches à se faire.
l'église et le territoire de Saint-M artin-de-Miséré, dans la paroisse de Saint-Ismier (1 ). Mais bientôt leur nombre devint si considérable qu'il crut devoir augmenter leur dotation et leur distribuer jusqu'à quinze églises. Cet établissement , connu sous le nom de chapitre de Saint- Marti n-de-Miséré , restait soumis à l'autorité et à la juridiction épiscopale. Il a continué d'exister jusqu'en 1671 . Ses biens furent alors réunis à ceux du séminaire. '
(l) Saint-Martin-de-Miséré faisait alors partie de la paroisse de Saint-Ismier et non de celle de Montbonnot, si Ton s'en rapporte à la charte dont nous avons extrait ce fait.