CHAPITRE IV
à leur suite mille vexations et mille maux. S'il trouvait dans quelqu'un de ses adversaires des haines qui parussent inexorables , alors ne se reposant plus que sur le secours de Dieu , il priait avec une charité fervente pour ceux qui venaient de l'outrager et de l'humilier. Combien de fois , pour désarmer ainsi d'injustes colères , n'alla-t-ii pas, aveuglé en quelque sorte par l'ardeur de son zèle, jusqu'à affronter les indécentes joies des repas les plus tumultueux et jusqu'à s'humilier devant des hommes indignes de son respect ? Au reste , presque jamais ses démarches n'étaient tout-à-fait infructueuses ; car ceux même qui l'avaient repoussé , touchés ensuite de repentir , venaient le trouver pour lui demander pardon du mauvais accueil qu'ils lui avaient fait d'abord; on avait pour lui une telle vénération , que lui refuser quelque chose passait pour une offense faite à Dieu lui-même.
Tel est le portrait de saint Hugues d'après son contemporain le chartreux Guigues. Nous allons maintenant continuer d'extraire des vieux actes du temps plusieurs faits qui achèveront de nous faire connaître et dignement apprécier le caractère de ce grand évêque.