CHAPITRE IX
ques de Vienne. Aynard II marcha sur les traces de ses aïeux. Pour secourir Calixte , avec lequel il avait les rapports les plus intimes , il se mit à la tête d'un grand nombre de ses vassaux. Son zèle et sa bravoure lui firent déférer le commandement des troupes levées par le comte de Bourgogne , et destinées aussi à soutenir les droits du nouveau pape.
Avant de quitter la France , Calixte II ratifia tous les privilèges que ses prédécesseurs avaient accordés à l'église de Vienne , et lui accorda de plus , par une bulle adressée aux chanoines de cette ville , la prééminence sur sept métropoles. De là vint le titre de primat des primats que se donnaient jadis les archevêques de Vienne.
Dans toute l'Italie , en se rendant à Rome , le pape Calixte reçut d'éclatants témoignages d'amour et de respect. La noblesse de Lucques , celle de Pise , vinrent au-devant de lui» Dans toutes les villes où il passait , le peuple et le clergé allaient processionnellement à sa rencontre et le reconduisaient de même au moment de son départ. A son approche , les schismatiques de Rome prirent répouvante , Bourdin s'enfuit et alla s'enfermer dans la forteresse de Sutry en Toscane.
L'entrée de Calixte dans Rome fut un véritable triomphe. La milice romaine vint jusqu'à la distance de trois journées au-devant de lui.
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Quand il fut auprès des portes de la ville , les enfants , portant des branches d'arbres verts , l'accueillirent avec des acclamations que répétait le peuple tout entier. Il entra dans Rome ceint de la couronne pontificale. Des chœurs d'actions de grâces étaient chantés de concert par les Grecs et par les Latins.
Âynard de Clermont , généralissime des troupes papales , fut comblé d'honneurs et de louanges par le clergé romain. Calixte II lui donna , ainsi qu'à ses descendants , la permission de toucher les reliques et les vases sacrés ( 1 1 20 ) , et il changea les armes des Clermont , lesquelles étaient un mont éclairé d'un soleil , en deux croix d'argent passées en sautoir en champ de gueule , ayant la tiare pontificale pour cimier ; il leur donna en même temps pour devise ces paroles latines : Et si omnes, ego non.
Cependant les partisans de l'anti-pape Bourdin descendaient de temps en temps de leurs montagnes pour ravager les plaines des environs de Rome. Calixte résolut de mettre fin à ces incursions incommodes , et de détruire le dernier repaire des schisma tiques. Joignant donc à ses troupes celles du duc de Calabre , il alla assiéger Sutry , et attaqua vivement cette place. Les habitants de la ville , incapables de résister à des forces si supérieures , se rachetèrent de la ruine et du pillage en livrant le mal-