‹ Vie de Saint Hughes, évêque de GrenobleChapitre 77 sur 108 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

jours être séparés du commerce des autres hommes , on plaçait leurs hôpitaux hors des villes et dans un endroit isolé. A Grenoble , on choisit pour y fonder un établissement de cette nature le local qui a été occupé depuis par Thopital de la Providence dans la rue Perrière. Ce local était en dehors de la ville , qui finissait près du pont construit par saint Hugues. Du côté opposé , le rocher de Rabot s'avançait jusques dans l'Isère. Cette maladrerie est appelée dans les anciens titres maladrerie d'Essonne , à cause de la montagne au pied de laquelle elle était située. Le chapitre de Grenoble eut d'abord l'administration de cette maladrerie et fut vraisemblablement chargé de la doter. Plus tard , elle fut cédée aux religieux de saint Antoine , qui vinrent réclamer là leur glorieux privilège de servir l'humanité frappée d'un de ses plus terribles fléaux.

Certes, saint Hugues en créant de semblables établissements laissa de glorieuses traces de son administration aux habitants de Grenoble. Nous devons tous , sous ce rapport , fussionsnous utilitaires ou benthamistes , décerner à sa mémoire des hommages reconnaissants. Il y a même à faire à cet égard cette singulière remarque que ce saint évêque ne fit faire à Grenoble que des constructions d'utilité publique, dans le sens donné à ce mot par les

VIE DE SAINT HUGUES

administrateurs modernes , qui ne comprendraient pas dans une pareille catégorie des églises et des couvents. Il ne fit qu'entretenir et réparer les édifices religieux bâtis avant son épiscopat. Suivant M. le chanoine Barthélémy , qui avait fait à ce sujet de profondes recherches, la chapelle de Saint-Vincent ( aujourd'hui de Saint-Hugues ) , remonterait non à Charlemagne , comme on Ta prétendu , mais aux premiers temps de rétablissement du christianisme , et la cathédrale aurait été construite par révêque Isaac , ou même par un de ses prédécesseurs. Ainsi, quand saint Hugues désigne Tévêque Isarn comme ayant été le fondateur de cette cathédrale , il aurait voulu dire seulement qu'Isarn en aurait été le restaurateur après les invasions et les ravages des Sarrasins (1).

Quant au prieuré de Saint-Laurent , il est certain qu'il fut fondé par Tévêque Humbert , en 1 020. L'église était un peu antérieure (2).

(1) Voir la liste chronologique des évêques au mot Isarn et au mot Ebroaîdus.

(2) L'opinion de plusieurs architectes et artistes distingués, tels que M. Paulet de Lyon et M. Sappey de Grenoble, est que cet édifice ne remonte pas au-delà du dixième siècle; en fait de constructions et d'ornements sculptés, dépareilles autorités ont bien quelque poids. Voir au surplus la note sur ce point à la lin du volume.

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