‹ Vie de Saint Hughes, évêque de GrenobleChapitre 79 sur 108 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

et des campagnes d'alentour vivaient du produit de leurs terres ou de leurs albergements , et le droit de leyde ne s'exerçait que sur les marchés publics, qui n'étaient ni si abondants, ni si fréquents qu'ils l'ont été depuis. D'ailleurs, en abandonnant cette inféodation , Dodon et son frère se dégageaient peut-être de droits de vassalité fort onéreux. Au reste , pour se faire une idée de l'accroissement progressif que prit le revenu tiré de cet impôt , il suffira de dire que , dans la suite , les évêques de Grenoble l'aliénèrent au prix d une rente de quarante setiers , et que , dans le dix-huitième siècle , il rendait de quinze à vingt mille livres par an. Il fut supprimé sous Louis XVI avant la révolution de 1789.

Saint Hugues n'avait pas le droit de faire une suppression semblable et d'abandonner une partie des revenus de son église. Mais il fit cesser , en rachetant le droit de leyde , toutes les rapines et toutes les violences que s'étaient permises Dodon et Guigues dans la perception de cet impôt , et qu'il ne craignit pas de qualifier ainsi dans l'acte même qu'il passa avec eux : espèce de flétrissure publique , dont il les marqua aux yeux de leurs concitoyens , trop long-temps victimes de leur oppression.

Vers le même temps , saint Hugues eut le bonheur de terminer des dissensions prêtes à

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naître dans le sein de son clergé. Le prieur de Saint-Laurent , le chapitre de la cathédrale et les chanoines d'Oulx , se disputaient des droits sur plusieurs églises ; les chanoines d'Oulx , placés à Tentrée du Piémont , au versant des montagnes du Briançonnais , étaient un corps riche et puissant , et leur monastère s'était enrichi tour à tour des libéralités des princes du Piémont et de ceux du Dauphiné. Saint Hugues leur avait déjà fait des donations. 11 leur fit acccepter un arrangement par lequel ils restaient maîtres en toute propriété de deux des églises où étaient les droits en litige , Saint-Martin-dela-Cluze et Pàquiers , à condition qu'ils renonçassent à toute espèce de droit sur l'église de Saint-Ferjus , qui resterait au chapitre de la cathédrale , et sur celles de Saint-Murys-Montaymont et des Echelles , qui appartiendraient au prieuré de Saint-Laurent (1 ).

Toutes les querelles s'apaisaient par l'influence du pontife vénéré qui gouvernait avec tant de sagesse le diocèse de Grenoble ; les chanoines d'Oulx (2) lui soumirent encore un procès qu'ils avaient avec Michel d'Àbsen, et sa décision fut acceptée comme un arrêt du ciel par les deux parties.

(1) Cartulaire d'Oulx, pag. 161.

(2) Pilot, Histoire de Grenoble, et Cartulaire d'Oulx, page 199. Voir aux pièces justificatives.

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