‹ Vie de Saint Hughes, évêque de GrenobleChapitre 8 sur 108 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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quement Ponce II , à le frapper avec violence et à le contraindre de lui céder des terres considérables.

Sous ce même évêque , les chanoines de Grenoble avaient cessé de s'astreindre à vivre en communauté , suivant la réforme introduite par Codeyraud , évêque de Metz ; leurs mœurs mêmes n'étaient pas à l'abri du reproche , non plus que celles du reste du clergé. Enfin, le diocèse de Grenoble se trouvait alors dans un état complet de désorganisation temporelle et spirituelle, et il n'e3t pas bien étonnant que le jeune Hugues , qui n'avait alors que vingt-sept ans , reculât devant la difficulté de la tâche immense qu'il aurait à s'imposer , si dans de pareilles circonstances il acceptait le poste éclatant et périlleux de l'épiscopat (1 ). Cependant le légat du pape , son conseil et son protecteur , sut dissiper ses craintes , et l'engagea à ne pas déserter la mission à laquelle la providence semblait l'appeler ; puis il lui conféra tous les ordres sacrés jusqu'à l'épiscopat exclusivement. Varmond ou Guermond occupait alors le siège archiépiscopal de Vienne, dont l'évêché de Grenoble était sunragant. Ce prélat passait pour simoniaque , et avait même été excommunié

(1) Guigo carthusicnsis , cap. 2; Bollandîstes , mois d'avril, 1. 1.

comme tel par le souverain pontife. Le nouvel évêque ne voulut pas devoir Fonction sainte à des mains qu'il croyait impures , il alla à Rome la demander à Grégoire VII (1 ).

Durant le cours de ce voyage , Hugues fut assailli par des sensations violentes ; découragé par ces pénibles épreuves , pénétré profondément de l'idée de sa faiblesse, il résolut d'abord de se dérober aux saintes et augustes fonctions auxquelles il était appelé. Puis Dieu lui inspira de confier ses scrupules au pape Grégoire. Ce dernier ne vit dans les alarmes et les hésitations du jeune Hugues qu'un témoignage non suspect d^ne foi ardente et d'une conscience timorée : il lui voua dès-lors toute son estime et lui donna toute sa confiance ; car il découvrait en lui un coopéra te ur futur de son grand œuvre de réforme morale et religieuse , un évêque qui porterait la mître comme lui-même portait la tiare , et qui saurait unir l'héroïsme de la fermeté dans le péril à l'héroïsme de la charité dans le triomphe. Il le rassura donc et l'encouragea par des paroles pleines de feu et d'onction; il lui cita l'exemple des plus

(1) Suivant Mabillon , saint Hugues fut élu en 1079 et consacré Tannée suivante. Pagi et d'autres auteurs rccommandables placent cette élection dans la même année 1080; trois autres prélats furent élus en même temps que saint Hugues au concile d'Avignon.

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