XIV PREFACE
<c tion des moines innombrables de Cluny. » Telle est bien aussi notre pensée à nous; Gr nous le répétons encore, c'est l* esprit de us anciens biographes monastiques dont nous voulons être animé. Ce^ pendant il y a lieu de faire une remarque importante. Nos pères écrivaient dans un temps où, les événements de l'histoire générale étaient encore faits contemporains, dans un milieu qui était toujours celui où avait vécu saint Hugues; il leur était à peine besoin de s'occuper de préciser ou de rappeler tout cela dans leurs récits. Lorsque les sculpteurs du moyen-âge exécutaient une statue nouvelle pour le portail d'une cathédrale, leur cadre était trouvé, dessiné; il ne leur restait qu'à mettre leur œuvre en harmonie avec ce qui devait l'entourer. Au contraire, pour nous qui retrouvons aujourd'hui cette statue mutilée, gisant près de l'église en ruines, il est besoin de reconstruire par la pensée le plan Gr le dessin de l'édifice, pour bien saisir la valeur du précieux débris que nous exhumons. C'est pourquoi, en écrivant, nous avons dû faire appel aux grands travaux d'histoire générale, aussi bien qu'aux monographies, comme à des foyers de lumière qui feront ressortir plus vigoureusement les reliefs de la figure imposante de notre saint, Gr nous permettront en même temps de reconnaître la place maîtresse qu'il ouupa dans son époque.
Toutefois, que le le&eur ne s'attende pas à trouver ici l'histoire de l'ordre de Cluny. Cette histoire est faite, Gr sans doute mieux que nous ne l'aurions pu faire. Mais, si elle donne à saint Hugues une place d'honneur, elle ne pouvait cependant s'étendre sur utte grande vie autant qu'une monographie. Et puis, la figure du saint abbé se trouve singulièrement dénaturée dans cette histoire par des défaillances du genre de celles que nous relevions tout à l'heure. Notre but est de suppléer à ces lacunes en traçant non pas un tableau d'ensemble, mais un portrait , n'empruntant à P histoire générale que les traits nécessaires à noire dessein. Ces traits seront encore asseï nombreux malgré notre réserve; ils l'eussent peut-être été davantage, si la grande Gr belle publication des Chartes de Cluny par M. Bruel eût été plus avancée. Cependant, même alors, il eût
-fr