‹ Vie de Saint Hugues, abbé de Cluny, 1024-1109Chapitre 9 sur 322 · PRÉFACE XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XIII

de r œuvre de Hildebert au point de vue historique. Nous devons dire , d'ailleurs , que celle-ci était destinée à fournir les leçons de l'office liturgique de saint Hugues beaucoup plus qu'à être présentée comme source d'informations pour l'histoire. C'est notre conviction ; mais il serait trop long de développer ici cette pensée.

D'après tout ce qui précède , on comprend que nous ayons désiré publier l'œuvre du moine Gilon en la prenant pour base de notre travail. Le leâleur ny trouvera pas la plume facile du vénérable èvêque du Mans. Gilon est prétentieux ; comme beaucoup d'écrivains de son temps, il aime les assonances, les jeux de mots, Sr il est trop souvent visible qu'il les cherche. Aussi arrive-t-il que son style n'est pas moins exerçant pour la patience que pour la sagacité du leSeur. Mais, au point de vue historique, pour nous le plus important, il garde le premier rang. Comme nous le prouverons ailleurs , il est le premier de tous les biographes de saint Hugues, Sr il écrit quatre ou cinq ans après la mort du saint (i). Il expose les faits en citant des noms propres, avec une précision de détails que l'on ne trouve pas cbe:^ ceux qui ont écrit après lui. Au reste, nous n'avons pas négligé pour cela de recourir aux biographes que nous avons mentionnés plus haut, tous contemporains de saint Hugues, (t dont les écrits complètent ceux de Gilon.

Tous ces efforts réunis n'ont pu cependant empêcher Baronius de regretter que le grand abbé de Cluny n'ait pas eu son historiographe, comme l'a eu saint Anselme, le saint archevêque de Cantorbéry. En effet , nous sommes en présence d'une de ces peintures à demi effacées par le temps, dont les vestiges excitent l'ardeur des archéologues. Le portrait de notre saint nous est resté asse^ net, il est vrai, pour qu'il soit possible de le reconstituer au moins dans son ensemble &- dans ses traits principaux. Mais, selon la remarque de lVattenbach(2), pour les biographes du moyen-âge, « les vertus du « cloître étaient la chose capitale ; Sr ce qu'ils voulaient , c'était « présenter saint Hugues comme un modèle en l'offrant à la vénéra-

(i) Voir aux documents.

(2) Loc, cit.

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