‹ Vie de Saint Hugues, abbé de Cluny, 1024-1109Chapitre 102 sur 322 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Sa foi fut récompensée ; le répons n'était pas fini que la voix lui revenait claire & limpide; & il avait la joie d'en rester maître durant tout le cours de la fête. L'autre moine s'appelait Guillaume ; il avait été envoyé dans une des métairies ou doyennes avoisinant Cluny, dit le biographe. Un violent mal de jambe vient Tarréter dans ses travaux, & bientôt le mettre hors d'état de remplir aucune fonction. La maladie empire, une tumeur se forme, se développe, & menace enfin la vie même du pauvre Guillaume. Cependant la foi ne faiblit pas en lui, & un jour, mettant la main sur le siège du mal, il s'écrie : « Maladie maudite, au nom de \< Jésus-Christ, & de la part de mon père abbé qui m'a ^s envoyé ici, je t'ordonne de me quitter, pour que je puisse <N remplir l'emploi qui m'a été confié. » La nuit suivante, durant son sommeil, il vit deux moines revêtus d'aubes lui apparaître, se disant envoyés par l'abbé Hugues. L'un d'eux versa de l'huile sur la jambe malade, & l'autre, avec mille précautions, en friftionna la tumeur fatale. Puis tous deux disparurent. Guillaume s'éveilla & se trouva guéri. Dans sa joie, il n'eut d'autre pensée que d'attribuer cette guérison miraculeuse aux mérites de son abbé.

Mais voici un trait d'un genre diflFérent qui jettera un plus grand jour sur le saint que nous aimons à étudier. Au moment où saint Pierre Damien arrivait à Cluny avec le seigneur abbé, il y avait à l'infirmerie un bon moine déjà vieux, qu'une hydropisie conduisait au tombeau. En apprenant le retour de' son abbé, le vieillard est saisi de joie; car il aime ce père, entre les mains duquel il a remis avec confiance le soin de sa conduite. « O mon Dieu, se prend-il à « dire, s'il y a encore quelque péché qui obscurcisse mon <s âme parce que je ne l'ai pas vu lors de mes précédentes « confessions, montrez-le moi. Je veux le confesser bien ^N sincèrement à mon abbé qui nous revient, & recevoir « Tabsolution de celui qui a plus que personne pouvoir sur s< moi. » Une voix que lui seul entend lui répond alors : « Oui, oui, il y a quelque chose que tu n'as pas encore «confessé? — Eh bien! Seigneur, dites-moi clairement ce

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