‹ Vie de Saint Hugues, abbé de Cluny, 1024-1109Chapitre 132 sur 322 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

mois après, le Souverain Pontife approuvait sa conduite (i). Qu'advint-il de Texpédition projetée par le comte de Roucy ? L'histoire ne nous dit pas qu'elle ait eu des résultats importants ; si nous avons tenu à mentionner le rôle attribué à Tabbé de Cluny en cette négociation, c'est parce qu'elle se relie au courant d'idées qui entraînait déjà nombre de barons français à courir sus aux infidèles en Espagne, & qu'il y a là comme une préparation à la croisade dont saint Grégoire Vil mûrissait le projet en son cœur. Mais sur la question liturgique les lettres du saint Pape suppléent au silence des coUeftions des conciles. Par une lettre adressée au roi de Castille, au mois de mars 1074, nous apprenons que le légat Gérald avait tenu en 1073 un concile où il avait procédé avec sa vigueur habituelle (2) ; & un décret avait été porté concernant l'abolition des rites mozarabes. Néanmoins, par cette même lettre & par une seconde adressée deux mois après au même prince, nous voyons que les évêques castillans n'avaient pu se résoudre tout de suite à s'exécuter ; ils étaient allés à Rome, où ils avaient assisté au concile romain du mois de mars 1074. Là il ne paraît pas que la question liturgique ait été agitée ; mais le Souverain Pontife leur fit souscrire à nouveau l'engagement de se conformer au canon formulé sur ce point par le concile tenu en Castille. Plusieurs années se passèrent encore sans que le résultat fût acquis, d'abord parce que cette abolition des rites gothiques & leur remplacement par les rites romains demandaient du temps & de la prudence ; ensuite parce que le peuple tenait toujours à cette liturgie, qui lui rappelait les grands dofteurs dont la parole avait retenti avant l'invasion musulmane; elle paraissait ainsi liée aux destinées de la patrie.

(1) S. Greg. vu Epist., ap. Migne, loc. cit. col. 298.

(2) <ii Episcopi vestri ad nos nuper venientes juxta constitutionem concilii pcr scripta sua facere promiserunt. » {Episi, lib. I, lxiv.) La mention de ce concile se trouve encore dans la lettre lxxxiii , où saint Grégoire parle d'un évéque espagnol déposé pour simonie par le légat apostolique. Ce dernier fait nous prouve que le concile dont parle le Pape était bien un concile d'Espagne, & non le concile romain de 1074%

Aussi., en 1077,, le roi Alphonse, écrivait-il dans une lettre à Tabbé de Cluiiy cçs lignes q.ui térpoignent à la fois des obstacles .que re^cQntraie:nt les rnœures r^éclamées par le Saint- Siège & de la sollicitude ^vec jaquçlle Hugues en avait reccmimaiidé rexécutionjrC ;<<; Quap^ à rpffice; romain, que nous « avons accepté sur tes avis, sache que notre pays entier en <<.est dans la désplftiôn,. 'Au^si> père, fais en sorte, je fen « prie, que le seigneur Rofie nous, envoie: son cardinal, le « seigneur Gérajd, pour .anîendçr & corriger, tout ce qui doit «rêtre. »,■ , .. ' . ■<.•,.. .'.. :•.. .., :..-.

Ce ne fut pas Gérald qui reçut misçion' de p^ser derechef en Espagne, mais-Rjchard, mqine de Saint-.Vidor de Marseille, & frère de. Bernard , abbé de.cç mçme njionastère. Grégoire écrivit à Tabbé de.Quny ,{H>^H}pourt Iqi demander d'aider ce. nouveau légat & de Uii donriçr yn compagnon capable; de lui être utile., Riçharjd,av4t vnçi#^We;;mission^ qui était de soutenir; Its déçis^ipfis ,^éjà prises.au 3UjciideJa'.Hturgie:, & puis de faif e ;ron]iprp J^^^eçpn4^ rnarigge .xiQnJtraôé .par Alphonse yi ayeç ^gn^s,- fi^e , du .dyjç.d: Aquitaine 9.. &pai^ dç.la première, épouse du, roji de|Ga3tille,;Jle 14gat eut «beaucoup à trav^l/er ^•,à.3oufifrir;,dur^nj:.(ieu?^^S; M^i$;to pjincir pal ftbsùcle.qull ren^pntfaijyintj^^ poujvâit le

moins çn prévoir. ,Robç4,jadis,ch^nit?rier4eiC|l^ waiçiféfnaqt prieur de/;^int;-^id,ojççt de. Pueftî^ ayait aoquiç sjif::resrprit, di4 roi,, ufl. empire. fmn)ef;i$e. Ur.se ji^it :^, la; t^çayerse .4e^ effdrt^^ du légat Qr>j v^yaff^ je; .ipôfpjent oui totisj les ; succès obtenus depuis :5ijft9u^eptjj^s.,?lJajç9(t;:être qonjpromis.r, Richard en. écrivit, ^û,pa|)e,,|8f 0.rég9fi;pienvpya;3U5iSjjtdt rà H»guçs de Çl^uay ceçtç lçtjti;e, jq^j ,ci^t ^|Li;5e;;i^pe,^mère 4ofAWr

au saint'abbéj .,^,.,/ro-.rii >;■;>. .r-i .p'j I> ^)îp:-ii n ii'rp '.fîiq ^< Voys.^^ppjurrej^^. v^j|-.^^^ ^l^.j{e]^t\o;[\,^w}mfii^4Q^^^

légat cjuell? .,im|;>iétè e^iSPftje.rde,; YptjççKippn^çtèi^yîjpflD Ift présonîption.jle YO^eimoifie^iR^bi^çt. Jin^j^arMi.SJnïPn tefMflg:©^ i| n'a jpap, craint 4;^ wiplpyef, t^\it^ \% ,re^§ftur6W.;^e: g* mif^S pour ,5;ins,vrg;ç^ ço^U^,l'^^tçt\t^^^ rmm.^

à lèur^ janj({iennes^çff'^r^,.(|e^ .iTiilli^^ com-

mençaient à revenir au droit chemin, grâce à Nos perséve-

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(iHÀPlTRE XIV'^ ■^■}

rants efforts. Une telle hiiqirité n'a;pie)îhf'"vofi^'âsiëntitt^ Nous le saroivs aisez; Nous sortniëi • bien 'iût''qVi'èh|iâ!re{r crime vous attristera commeNbus; 'êîvoùs trbtiVènl'tbiïC'pfêt aie punir comme fl leméHtè. 'Nous ^avorts'-éri J^èt^de longue date que vous avez la même foi ique Nbus sùr'rftblfrneur de l^a sainte Église romaine, & ijiie d^arlSilé<thëittirt-dÊ la justice vous avez su gander ià ftberté tf ù 'dVÂK, alëfs'q(ûé le refroidissement de la charité se faîtséHttr'^ur tbiïté^la^ètre. Nous sommes trop sûr de'tôut <teia JîbUr qii'll"y [ivIf'ikiMût ou conseil assez puissants pour rompre l'attachémëi'ifc^qiiè Nous vous avbns voué. Pe^sorthè'de'éeiJl^qiîtt'sôAt-'S^ô^^détradeurs sur bfeaUcÔup^'d^ pbiitt^, rté'|i(klrfra' 'Kou^-jiiTiiénlef'^l prendre scandale de votre' -conduite;' jusqu'au^ jbW't)a"N.bife pourrons vous parler ihtimértêrrt.)Cèti"siarts VoiltôiV Vdui'flîtè tout, je puis vous âvouëf tiué tobd lesf'frjNés' dbïit' ï^t)Uà sommes entouré dievIéWârarént ^ pït;^ <!nnertii$V rf^iM les bonneis Taisons que Nous' léUr 'faisons 'trfféndt^.^'^Abss^, soucieux -de vous saUvel^; Ntîms- vbU^ îlvèWfeioWk'^fite/éû^ment 'de coirîgef Vos^ moihfesy''àfîri^'de' ■rtô'-^sf'^dbrlrlef lîM^'à deparertles aècosâtiôiis-de'lâ'càft dé'ceÙ5^<ilir"àïWëft"iB Vioïfè monastèrel &' vds religieux J 'Quant' *1lb(^rt''iètt''|JâfrtfcflH^^ l'alitew >de' cette ' iniqiiîté qui' f^itf- lîôUrîr'^tdhf dê-'tïâiièèr^'^^ 1%H« d'EépàgîRe, ' • ritiOs ' votik ' • enj6igTlâns';a6' liii"MéMè l'entrée de ; l'é^i'sé',' ifiris^'qluë''t<!xù^é'tanâïorf'^n^Bhaàitllil?, jtfsqu'à son' rfetoUrJà'Chin}/ p6i/f^y^bbrf'ùiîë'-)5&i1t^flcè''digKè de «â^témérJÈé'.- En^cé q\il tônéerHé'^fe' ràV, (^ùë^é^'ihe^Hë'i tAimpé Hf«il!éS-luP tortiptéû^é'-^fi^' ■Mits'-'^ml' s'0v^ qikè

parce qu'il a traité d'une manière inconvenante* urf léj^ât xïè I^Église'^oftiiairtt'&'^iilvr'le '^eVisbri^è' aâ' nètf'^^'ï^ Véfité. 41 an'dott' faîrô^fllDièu & â'kaint'WërilùiVétfïgWe'^MfeâoiV.

■èoèi iMFnt^§'âh^ëhàe(i),iiibu'siâifcëfàH^ ^àhWïùfliM't^-

(i) Le Pape a dit « vous » à l'abbé de Cluny tout le long de sa lettre ;

manicaticwA provoquerons toys les fidèles que saint Pierre aamptenenu Espagne à. se te ver pour sa confusion. Et si ces chrétienfe n'obéissaîient pas à Nos ordres^ .Nous n'hésiterions pafi>à:;paBseir£n;cè;pay5 pouf prendre en personne des mesures .st^rère^&âïnpitoyables contre lui, le considérant comme eninemiftie^tof religion,. chrétien ne- Tu prendras soin encore qiUôJesi.fnôineisde ces» contrées rentrent dans les monastères dont jlÀ Siéraient. isottis sans raison >&< que nulle ordination ne vsoifr rdésormate ) valable parmi eux, s^ns l'agrément de Notrerlcgat.; Enfin «Nous» voulons que tu .fasses passer la lettre d-jbiirtc ail •roi:4e.Ga$iliille.:^,(jo8o)

'Dans i}Cette 4eri5^ère lettre.> Grégoire insistait presque uniquement, sur jâ question du mariage, illicite contraâé par le princp/ castillan: C'est là surtout ce, qui motivait les menaces fi3rmulées:par:le Pape contre le roi Alphonse; & Grégoire se montrait . en. cela ; le digne successeur des Pontifes qui n'aivadènt rien ménagé poUr sauvegarder I9 dignité du sacrement demàriiage». Après lui'lesPontifesromainsn^agirant. pas avec moinis:de. fermeté. Cette affaire s'était greffée sur. la question Jitmrgique; &;ce fut là cd qui hâta la viâoire complète de la KturgfeîiTottiaine. .Car Hugues de Gluny, trqmpé p^ unde ^snicânéSj /devait justifier la confiance, du. Pape, qui. disait -auï'roi:.de CaStille ^ <c L'abtfé .de.Cluny. Nous secondera > car >«nods /tnatdhobs, lui.&Nôus^ dacDS» la même, voie, dansjes « mêmes sentiments &' te joème esprit » • -r. . -

Par les soins du saint abbé, le roi donna sa confiance à Bernard, abbé d^ Sahaguw.^ Ce nouveau conseiller ménagea le mariage d'Alphonse VI avec Constance , veuve du comte de Châlon, Hugues 11, qui était de la famille de Semur. Constance était fille de Rpb^le Vieux, duc de Bourgogne, & propre nièce par conséà^éi^ît, ^ l'abbé de Clupy. Elle se montra fort adive pour hâttfr lés^pffogrès de la liturgie romaine en Espagne. Après la prise de Tolède, le 25 mai 1085, elle agit avec la plus grande vigueur, de concert avec Bernard,

il se reprend à dire « tu », comme à son ami ; nous avons pensé qu'il y avait lieu de maintenir ce changement dans la traduélion.

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