‹ Vie de Saint Hugues, abbé de Cluny, 1024-1109Chapitre 134 sur 322 · AVÈNEMENT DE SAINT GRÉGOIRE VU · texte numérisé non relu

AVÈNEMENT DE SAINT GRÉGOIRE VU

PRINCIPES Qyi LE DIRIGENT, ROLE DE l'abbé DE CLUNY AU SERVICE DU SAINT-SIÈGE.

L était nécessaire de grouper les faits relatifs à la question liturgique en Espagne, & cela nous a fait dépasser Tannée 1073, à laquelle nous étions arrivés dans le récit de la sainte vie qui nous occupe. Mais cette année 1073 peut d'autant moins passer inaperçue pour nous, qu'elle fut marquée par l'avènement du Pape saint Grégoire VII. Depuis vingt-cinq ans le nouveau Pontife était Tami de l'abbé de Cluny; nous les avons déjà vus ensemble, & le pontificat nouveau qui s'ouvre va nous les montrer plus indissolublement unis encore. Les lettres que nous avons citées à propos des affaires de Castille nous ont d'ailleurs donné déjà une idée de la confiance que saint Grégoire VII mettait en son ami de Cluny. Mais précisément à cause de cette liaison intime qui devait associer le saint abbé aux travaux & aux douleurs du glorieux Pontife , il est indispensable de donner brièvement ici une idée nette & précise de

la situation faite au Saint-Siège à Tépoque où l'archidiacre Hildebrand fut appelé à j monter.

Depuis vingt-cinq ans, les Pontifes romains, à commencer par saint Léon IX, avaient entrepris dans l'Eglise une œuvre de régénération & de délivrance. Par suite de désastres successifs qui dataient des IX* & X® siècles, le protectorat exercé par des laïques sur les biens ecclésiastiques s'était presque partout changé en une réelle domination là où il n'avait pas créé un titre abusif de propriété. Les barons nommaient des abbés aux abbayes, les rois des évêques aux évêchés; & le Saint-Siège lui-même n'était plus libre, parce que les empereurs , pour prix de services réels rendus à l'Eglise & à la Papauté, en étaient venus à choisir eux-mêmes ceux qu'ils jugeaient dignes du souverain Pontificat. Mais le mal était grand surtout pour les évêchés & les abbayes qui avaient pour seigneurs et maîtres des princes ou des barons, voire de simples chevaliers ; car c'est une loi constante que les petits potentats . sont toujours plus à craindre que les grands. Entre leurs mains, les dignités de l'Eglise étaient devenues des sources de revenus, & ils en trafiquaient trop souvent pour battre monnaie. Oe là l'usage criminel d'acheter le siège d'un évêché ou d'une abbaye soit du seigneur qui s'en croyait le maître, soit même du chapitre, auquel l'éleftion était payée à beaux deniers comptants. On imagine aisément ce que pouvaient être, en tait de sollicitude pastorale , des évêques ou des abbés institués de cette façon- Aussi les désordres les plus monstrueux s'étaient-ils propagés à. la suite de la. simonie; c'était principalement 4a dérogamie avec tout ce qu'elle entraîne. En France., il faut le dirjc, le roi. n'avait pas. généralement trafiqué des sièges épiscopaux; il était réservé à Philippe I"", qui régnait depuis 1059^ d'inaugurer cet exécrable système . En Allemagne, l'empereur Henri lll se montrait également animé de &vorables, dispositions ; envers l'Eglise, tout en s'attribuant à i'égar4 du Saint-Siège un» rôle de tuteur que ne prit jamais Cti^kjnagne.'Tielje /était. la i^ituatioQ lorsque saint. Lé^ui <IX. s'assit sjbir Ift Chaire 4e> saint Pierre.) et donna une part dans

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