CHAPITRE XV
le gouvernement de T Église à Hildebrand. Le saint Pontife entreprit aussitôt, comme nous Tavons vu, de purger le clergé de Thérésie de simonie, ainsi que des vices honteux dont cette hérésie était la mère. Henri III n'entrava point l'oeuvre du Pape auquel il témoignait toute sympathie. L'empereur ne se sentait pas attaqué , puisque sa conscience n'avait pas à lui reprocher d'avoir érigé en maxime d'État la pratique de la simonie. La lutte était donc circonscrite entre le successeur de saint Pierre & les brebis malades de son bercail. C'était une lutte en effet, à cause de la résistance qu'opposaient ceux qui eussent dû être « brebis 'à l'égard de Pierre & pasteurs à l'égard des peuples. » N'étaientils pas soutenus par un nombre considérable de clercs non moins indignes qu'eux & de seigneurs dont les intérêts se trouvaient compromis? Deux pontificats se succédèrent, poussant de plus en plus vigoureu^sement l'oeuvre de la réforme ecclésiastique. Mais tout changea de face par suite de la catastrophe qui enleva l'empereur Henri III, laissant la Germanie aux mains d'un enfent, & d'une femme trop faible pour tenir tête aux passions violentes que secondaient les intrigues de cour. Etienne X passa trop Vite sur leitrône pontifical pour prendre des mesures décisives. Nicolas 11 lui succéda. Il sut profiter de la situation pour dégager définitivement le Saint-Siège des chaînes que les empereurs lui avaient forgées malgré leurs bonnes intentions. Déjà, sous l'influence de Hildebrand, les éleftions des précédents Pontifes & celle de Nicolas H lui-même avaient fait faire de grands pas dans la voie de la liberté, en réduisant pratiquement l'adlon de l'empereur à une confirmation de Téleftion déjà faite, & même à un simple assentiment. Nicolas porta enfin un. décret destiné à affranchir tout à fait l'éledion pontificale de l'ingérence trop puissante des empereurs, des intrigues des petits seigneurs, & des caprices populaires. L'éleftion du Souverain Pontife restait désormais confiée aux seuls cardinaux, de l'Eglise romaine. C'était une révolution dans le dPi&t:qal présidait alors aux éleâions ecclésiastiques; mais cekterm&sqre^it commandée pai' les nécessfités de la situa-
tion faite à l'Eglise ; & telle en était la sagesse, qu'elle constitue encore aujourd'hui le droit, après huit siècles d'exercice & d'expérience. Néanmoins elle fut l'occasion d'une coalition qui changea le terrain sur lequel avaient lutté les trois Papes prédécesseurs de Nicolas II. Les clercs simoniaques virent immédiatement quelle utilité il y aurait pour eux à lier leur cause à celle de la cour de Germanie ; & dénaturant avec un art perfide le décret de Nicolas 11, ils le présentèrent à l'impératrice Agnès & au conseil de régence comme attentatoire aux droits du jeune prince Henri IV, héritier présomptif de la couronne impériale. Guibert, chancelier de l'Empire pour la Lombardie, sut tromper l'impératrice; le conseil de régence comptait des prélats ambitieux & peu scrupuleux ; l'Empire fit donc causé commune avec le clergé simoniaque contre là liberté de l'Église en son chef. Ce fut l'éleftion d'AIexâtidre II, en 1061, qui fit éclater la guerre, parce que cette élèâioh avait été faite en vertu du décret de Nicolas II. L'antipape Cadâlous fut opposé par la cour de Germanie au Pape légitime.- Ce n'était qu'un combat d'avant-garde; mais le choc dès deux puissances devenait inévitable, grâce à la manœuvre perfide du clergé simoniaque, & aussi à l'éducation détestable qUe faisaient donner au jeune prince Henri les arrtis de ces clercs indignes. Les ahathèmes du Siège apostolique ne cessèrent de frapper les simoniaqiiés durant tbut lé glorieux pontificat d'Alexandre II, qui dura douie ans pour le bien de l'Eglise. Lorsque de grand Papémbùtut, là'simoiiieétaft décidément condamnée dans l'esprft du ï>euplé chrétien ; à tel point qu'une des armes ciêvehuesleS pIuS puissantes Ébhtre elle était' lâ défense' faite aiix frtièlês d'as-' sîster à la rhesSe des ■ clercs cbndamiiés pour simbnië' on' ■el^rôgamie. Sàilit Léon IX n'aurait pas pii employer une' teHe arme sans risquer de-la voir se briser dans sa niairi: '
Mais Si la simonie était maintenant l'objet de' la i^é^t'oba-' tiôn universelle, là lutte qui commençait sous Aléxaridfe | II ne prorfietta?t:pas'-d'en être moins terrible^. Les'cohcile!s&Ies' SoMvefajn^ foqtjfes ^v^iept cpi?damné miaiwtç& ffiis bswveptitures des biensr ecclésiastiques idorui6esipar>dâS'U'tqtii^^ân
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