CHAPITRE XV
même temps que la simonie qui en était le résultat. Mais à présent c'était TEmpire lui-même qui représentait cette double hérésie. Nous disons « hérésie », parce que, si la simonie en est évidemment une, en supposant que les dons de Dieu puissent être acquis à prix d'or, les investitures Tétaient tout aussi bien, au jugement de Geoffroy de Vendôme, en ce qu'elles SMpposaient chez le prince laïque le pouvoir dq donner une juridiction spirituelle qui ne peut venir que du successeur de saint Pierre. L'Eglise avait, par la voix des Papes & des conciles, révoqué le consentement tacite qu'elle avait jadis donné aux investitures , & qui les légitimait en supposant une délégation d'autorité spirituelle confiée à TEmpereur,, ou aux rois, à raison des services rendus par eux à l'Eglise (ï). Pour annuler cette révocation, il eût fallu un aâe exprès du Souverain Pontife, agissant en considération des mérites personnels de tel ou. tel prince chrétien.. Mais le jeune Hçnri de Germanie ne semblait pas vouloir mériter cette haute marque de confiance ; car ses désordres & ses crimes épouvantaient déjà son royaume & commençaient à. le soulever. Investitures & simonie restaient donc également SQUS le coup des foudres de l'Eglise, qui ne pouvait faiblir , même devant les menaces d'un ; souverain puissant. C'était donc un duel inévitable si l'Empire ne cédait pas , & n'abandqnpait p^s la causç du clergé simoniaque en . renonçant aux , investitures. Or Henri de Germanie s'annonçait copn>e résolq à poursuivre dans la voie ou \l é^aiji çntré. Il fallait dpnc pfévojr l'état 4e désordre violent qu'engendçerait le çjqjC;des4eux puissances ét^bliesi par Dieu pour maçcher d'^çordj ^^ conduire pnsep;^ble ^s, hommes à leuj fin surojan tjur,eilçî,,,^< Dç q;iême que l^.corj)$ hymain a deu^^ yçux poiH «^i;écl!air^,8t^.ç, diriger, c^ir^.ein effet^qn jour, saint Grégoife.VII, «am^ije:^ deux jdig^jtés dq Sacerdoce & de l'Çmpire, en, <<,:^iaçcqrdant j& >s'unissant dans la ym^ ielig^)n, sont fa.ites <^lPPi^r . jlivmiî^ç;-. . & jjuidpr le .corps^ entier de la saint». <c.^g^i^^j(|2)i, i^^-Çp ^^m! principe ^xpliq^erftit déjà; comtîwn la
'^AjmAîi. G&irànéiV, Mélanges', tV !', Ùe l'ihstitûtiôir tles 'évfequés; p: 'r^i :'
perturbation devait être grave , le jour où cet accord serait rompu. Mais il y a plus encore ; & le désordre devait aller jusqu'à mettre à nu les fondations mêmes sur lesquelles reposaient TÉglise & la société chrétienne. En effet, non seulement raccord doit régner entre la puissance spirituelle & la puissance temporelle; mais encore il existe entre elles deux une coordination hiérarchique établie par Dieu pour ramener à Lui l'humanité entière. Le Seigneur avait dit au Prince des Apôtres : « Tu es Pierre, & sur cette pierre je « bâtirai mon Eglise , & les portes de Tenfer ne prévaudront « pas contre elle ; & je te donnerai les clefs du royaume des « cieux. Et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le « ciel , & tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le « cipl(i). » Tout peuple qui compte dans TÉglise s'ordonne donc par rapport à saint Pierre d'après cette parole du Seigneur. Ce peuple, en tant que chrétien, reconnaît qu'il est fondé sur Pierre , c'est à dire que dans les choses de l'ordre spirituel, dans tout ce qui intéresse le salut des. âmes, la parole de Pierre fait loi souveraine, & qu'on ne peut vouloir en cet ordre de choses poser un autre fondement sans, sç mettre hors l'Église. Ce peuple reconnaît que Pierrp tient les clefs du royaume, des cieux ; & que par conséquent tout ce que Pierre jugera devoir être banni de ce royaume spirituel ne peut prétendre y être admis, ni à plus forte raison y sjubsister. Ce peuple reconnaît enfin que tout ce que ; Pierre a délié sur la terre est délié dans le ciel, & par suite qu'aucun devoir, aucun serment ne lient plus la conscience du TOprnent où Pierre a proclamé que l'observation de ce. devoir , . id^ <;e Sjsrmenty deviendrait préjudiciable aux intérêts spirituels du peuple chrétien. Le souverain est-il excepté de ces. r^glçp? Saint Grégoire VU répond en posant cette question^: .^.Lfes « rois nç sopt-ils pas au nornbre des, brebis que le.pils, de « Diqu a confiées ?u. bienheureux . Pierre? , (^i ;dpnc . jes^ « excepté dans les paroles du Seigneur qui donnent à Pierre « le pouvoir universel de lier & de délier ? Qiy donc, sinon
(i) Matth. XVI, i8. I /i...; Mîiv .-•