NOVICIAT ET PROFESSION
UbLLE était donc en ioj8 cette abb;iye de Cluny vers laquelle se dirigeait le jeune comte? Établi un siècle demi auparavant par le bienheureux Bernon dans la vallée solitaire de la Grosne, au comté de Mâccn, Cluny avait commencé sans bruit, & ses fondateurs ne caressaient d'autre ambition que d'en faire l'asile de la sainteté. Mais dès les années de saint Odon, son deuxième abbé, le monastère était déjà connu du roi Hugues Capet, & sa réforme se propageait de tous côtés. On sait l'histoire du saint abbé, parvenant à dompter la résistance des moines de Fleury-sur-Loire, en venant à eux, seul, assis sur son âne, comme autrefois le Seigneur venant faire à Jérusalem cette visite qui pouvait la sauver. Jusqu'à Saint-Paul de Rome, dont la crosse fut remise à saint Odon, l'influence de Cluny se faisait sentir, sans que ses fondateurs eussent jamais songé à rien de pareil, non plus que saint Benoît n'avait pensé écrire une règle pour les moines de l'Europe entière. Cette influence bienfaisante, qui purifiait les mœurs & ranimait la discipline, alla croissant encore sous le gouvernement du bienheureux Aimard, puis de saint Maieul, dont le nom est
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resté populaire dans les pays d'Auvergne & de Bourgogne. Un jour l'Église romaine & l'Empereur le voulurent pour successeur de Pierre. Mais Maïeul réussit à se soustraire à cette charge redoutable, & continua l'œuvre que le Seigneur avait confiée à Cluny. 11 y fallait non seulement un homme, comme l'on dit volontiers de nos jours, mais plusieurs générations d'hommes, afin que l'œuvre fût durable. A ces générations, Dieu donnait de véritables patriarches, qui tenaient la crosse abbatiale durant de longues années, en
Guillaume-le-Pieux, duc d'Aquitaine, donne Cluny tu bienheureux abbé Qernon (i i septembre 908).
sorte que six abbés seulement suffirent à remplir deux siècles. Grâce à cette stabilité dans le gouvernement des âmes, les moines clunisiens arrivaient à former une véritable race, capable d'exercer une influence profonde, & par conséquent durable & féconde, plus que celle des autres familles bénédiSines auxquelles Dieu n'avait pas accordé de pareilles bénédiôions.
A saint Maïeul avait succédé saint Odilon, de la famille de Mercœur. Restaurateur & père de monastères nombreux & illustres, il fut l'ami du pieux roi Robert, de l'Impératrice