‹ Vie de Saint Hugues, abbé de Cluny, 1024-1109Chapitre 249 sur 322 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Pour nous, il est évident que la lettre précédente est une nouvelle marque de la discrétion miséricordieuse dont le saint abbé avait jadis fait preuve à l'égard du comte d'Albon. Si Philippe I**^ eût suivi l'exemple de ce seigneur, non seulement il eût été bien plus sûr de son salut, mais il eût ainsi réparé largement les scandales de sa vie ; c'eût été là pour le royaume de France une prédication énergique, dont les fruits eussent été certainement abondants. Malheureusement, Philippe n'avait pas l'énergie de volonté qui fait les saints. La mollesse de son caraftère l'avait fait tomber, puis demeurer dans les filets d'une femme ; son âme s'y était davantage encore énervée. A présent, son repentir était sincère, sa pénitence fut réelle, mais elle ne s'éleva pas jusqu'au sacrifice de l'holocauste. Pourtant le prince n'oublia pas la miséricorde & la charité qu'il avait trouvée chez les fils de saint Benoît. Il en donna la preuve à son lit de mort. « je suis trop cou- « pable, dit-il humblement, pour reposer à Saint-Denys au- « près de mes pères. Qu'on m'ensevelisse à Fleury-sur-Loire, « auprès du corps du patriarche saint Benoît ; car il est bon « & miséricordieux aux pécheurs. »

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