‹ Vie de Saint Hugues, abbé de Cluny, 1024-1109Chapitre 284 sur 322 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

qui me survivrez, avec une bonté paternelle, une charité pleine d'affeftion; en un un mot, je le prie de beaucoup vous aimer.

« Voustous enfin, mes fils & filles en Notre-Seigneur, vous tous qui avez voulu vous en remettre à moi de votre salut, vous tous qui vous êtes livrés à moi, malheureux pécheur, qui avez soumis à mes ordres votre corps & votre âme : que le Dieu tout-puissant vous absolve, & nous absolve, de tous péchés passés, présents, & futurs. Oui, qu'il vous absolve, lui Père tout-puissant. Dieu trine & un. Je le confesse, & Fai toujours confessé, trine en personnes, un en nature & en puissance. Je confesse devant lui que j'ai beaucoup & beaucoup péché, par pensée, par parole, & par aftion. Mea culpa. C'est à sa miséricorde que je vous recommande ; je lui demande à genoux de vous protéger de sa droite ; &, par les mérites & les prières de la bienheureuse Vierge Marie, des bienheureux apôtres Pierre & Paul nos seigneurs, & de tous les saints, de vous conduire à l'éternelle vie. Vous y serez notre joie & nous serons la vôtre ; je l'espère du Dieu qui vit dans la gloire de la Trinité parfaite, dans les siècles des siècles.

« Ce présent écrit sera lu devant tout le couvent au seigneur abbé élu, après que, avec l'aide de Dieu, il aura pris paisible possession du siège abbatial & du gouvernement du monastère. »

Telles étaient les pensées, telles furent les dernières paroles du patriarche de Cluny, au moment où il allait remettre son âme entre les mains du Dieu de ses pères. Cependant son cœur n'était pas satisfait encore. Il voulait que le sort de son cher Marcigny fût assuré. S'il avait laissé à ses filles une dernière bénédiftion avec ses dernières instructions, il n'avait pas parlé d'elles en termes assez explicites à ceux qui lui succéderaient. Aussi voulut-il consigner dans un document spécial à l'adresse des futurs abbés de Cluny une instante prière en faveur de « ces pauvres servantes de «Dieu». «Désormais, disait-il, si elles éprouvent quel- « que besoin spirituel ou temporel, voici qu'elles ne pour-

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