CHAPITRE XXXII
ainsi refleurir son culte (i); c'était dans un lieu où jadis s'était manifesté son pouvoir de thaumaturge ; c'était enfin dans une église qui rappelle plus qu'aucune autre la basilique monumentale, œuvre de notre saint, dont elle semble une réduction exafle. C'est là qu'ils peuvent voir l'autel de saint Hugues, c'est là qu'ils peuvent vénérer sa relique, ces nombreux pèlerins qui vont demander au Cœur sacré de Notre- Seigneur des grâces de choix pour eux-mêmes & pour la société entière. En s'agenouillant pour prier celui dont nous venons d'esquisser l'histoire, puissent-ils se souvenir avec foi de son pouvoir miraculeux. Longtemps, à Cluny, en mémoire des guérisons que nous avons racontées en leur temps, saint Hugues fut invoqué contre les atteintes de la fièvre. Or aujourd'hui le monde n'est-il pas réellement enfiévré ? La société entière ne souflfre-t-elle pas de ce mal dont chacun de nous peut à grand'peine se préserver ? Nul doute que le patriarche clunisien ne puisse nous aider efficacement à en guérir. S'il a dominé son siècle par son influence pacifique, ce n'était pas qu'il fût né dans des conditions spéciales pour échapper à son aftion maligne. Il avait vu le jour dans le château des comtes, il y avait grandi ; toute sa vie il avait été mêlé aux événements du monde ; mais son âme se maintenait dans une région plus haute, où elle respirait un air plus pur. Aujourd'hui la redoutable forteresse de Semur est tombée; un débris presque unique demeure, & c'est celui qui porte le nom de « tour de saint Hugues ». Elle semble symboliser la force du saint qui s'est élevé au-dessus du siècle & survit à ses ruines. Cette puissance, où donc l'a-t-il puisée? Nous le dirons une dernière fois avec les Livres saints : au-dessus des forces humaines règne la sagesse de Dieu, & bien fort celui qu'elle remplit; tnelior est sapientia quant vires, 6- vir prudens quant for tis {2).
(1) V. ci-dessuS| p. 16.
(2) Sap. VI, 1.