‹ Vie de Saint Hugues, abbé de Cluny, 1024-1109Chapitre 306 sur 322 · PAR LE MOINE GILON · texte numérisé non relu

PAR LE MOINE GILON

Nous ouvrons la série des documents inédits que nous avons annoncés, en donnant la Vie de saint Hugues écrite par Gilon. Nous avons jugé l'auteur dans notre préface (i); nous avons apprécié son œuvre. 11 nous reste à prouver que nous avons été fondé à prendre ce document pour base de notre travail, parce que Gilon est réellement le premier en date comme il est le plus considérable des biographes de saint Hugues. Après quoi nous décrirons le manuscrit que nous reproduisons ici, & nous en dirons l'origine.

Les biographes de saint Hugues sont notre Gilon, Ezelon, Rainald de Vézelay, Hildebert, le moine Hugues, & l'Anonyme de Cluny. Nous disons que Gilon est le plus ancien de tous.

i^ Relativement à Hildebert, la chose est bien claire, puisque celui-ci déclare écrire après Gilon & Ezelon.

2^ A l'égard du moine Hugues, la priorité de notre auteur n'est pas plus contestable. Hugues écrivit après la canonisation du saint en 1 120 ; &, selon l'opinion de Lehman (2), sa lettre à l'abbé Ponce doit être datée des derniers mois de 1121. Cet écrit n'est en effet qu'une œuvre de parti

(1) Pagexiii.

(3) Forscbungeti , p. 58.

destinée à abriter Ponce sous le grand nom de saint Hugues. Le dissentiment régnait alors entre Tabbé & les moines de Cluny, & l'écrivain cherche à montrer le continuateur des œuvres de saint Hugues dans l'abbé Ponce, dont il fait Téloge au moins autant que celui du saint. Au reste, il vise évidemment, dans les premières lignes de sa lettre, l'œuvre de Hildeberti par conséquent aussi celle de Gilon, lorsqu'il parle de ces <( diffusas « scriptores,.,, qui iU eo (sanéh. Hugone) tanta volumina conscripsere. » De plus, nous observons que Tépître dédicatoire de Gilon ne reflète aucun des dissentiments qui agitaient Cluny vers la fin du gouvernement de l'abbé Ponce ; tout au contraire. Ainsi son œuvre est antérieure à celle du moine Hugues.

y L'Anonyme clunisîen est le dernier de tous les biographes ; c'est l'opinion commune ; et il donne un recueil d'extraits des Vies précédemment écrites, plutôt qu'une œuvre suivie & originale. Il se contente d'ajouter quelques détails d'ailleurs assez rares. Il écrivit néanmoins avant que Pierre le Vénérable composât ses livres De ntiraculis, où l'on retrouve des passages entiers empruntés a cet anonyme.

4° Du moine Ezelon, nous ne savons à peu près rien, sinon que Hildebert avait sous les yeux une vie de saint Hugues écrite par cet auteur. Pour notre part nous croyons que cette vie était la même que celle dont nous donnons ici le texte. C'est la pensée de Papebrock(i), et la comparaison entre Gilon et Hildebert rend cette opinion très probable. En effet, nous constatons sans le moindre effort que Hildebert suit pas à pas notre auteur, & se borne pour ainsi dire à le démarquer. Comment donc se faitil qu'il n'y ait là nulle trace de l'œuvre d'Ezelon, si celle-ci est distinâe de l'œuvre de Gilon? Car enfîn, Hildebert avait l'une & l'autre sous les yeux, & il déclare qu'il se règle sur elles : <( Nous ne parlerons pas dai< vantage de cela, dit-il en un endroit, parce qu'Ezelon & Gilon en ont <ii parlé avant nous dans les meilleurs termes. » Son prologue est plus explicite encore. Comment donc, encore une fois, se fait-il que l'on ne découvre dans l'œuvre de Hildebert que la copie d'un seul modèle, sinon parce que ce modèle était l'œuvre commune des deux auteurs dont l'évéque du Mans s'inspirait? Cette conclusion paraît s'imposer. Qiie si l'on objeâe

(1) Bolland. April. t. III, p. 633. Le dodeur Lehman (Forscbungen, p. 63) déclare, il est vrai, que cette opinion n'est pas fondée. Mais une simple affirmation ne prouve rien. D'ailleurs le savant dodeur n'est pas heureux dans la diatribe fort acerbe qu'il dirige contre Papebrock. Celui-ci avait deviné un abrégé de Gilon dans VEpitome qu'il publiait. Mais le coup d'oeil exercé d'un savant tel que lui est sans valeur pour l'auteur allemand, qui déclare superbement que Papebrock n'a pas le droit d'avancer cette opinion, puisqu'il ne sait là-dessus rien de plus que lui Lehman. Or, maintenant que nous avons le texte de Gilon, nous pouvons voir que le savant bolland iste avait deviné juste, & la mercuriale de l'école berlinoise reste simplement ridicule.

que le texte donné ci-après ne porte que la signature de Gilon, nous ferons observer qu'Ezelon a bien pu collaborer avec son confrère, en lui laissant le soin de donner la forme définitive a Tœuvre que Gilon allait terminer à Rome. Un ami de Cluny comme Hildebert pouvait être bien renseigné sur ce point par Ponce lui-même, quelques années à peine après que les deux moines avaient fini leur travail. Cette explication concilie tout. En tout cas, si l'œuvre d'Ezelon fut distinéle de celle de Gilon, elle n'eut pas grande influence : aucun des biographes ne s'en est inspiré ; & on l'a si peu copiée qu'elle est aujourd'hui considérée comme perdue. Gilon reste donc, même par rapport à Ezelon, le premier biographe important & connu.

5° En est-il de même par rapport à Rainald de Vézelay? Oui, & voici comment nous le prouverons. Nous montrerons d'abord que Gilon n'a pas connu Tœuvre de Rainald. Mais d'autre part nous signalerons entre les deux biographies des ressemblances trop significatives pour être fortuites. Il s'ensuivra donc que c'est Rainald qui, en écrivant, a eu sous les yeux l'œuvre de Gilon, antérieure à la sienne par conséquent. Nous appuierons enfm cette conclusion par des preuves nouvelles tirées de la biographie écrite par l'abbé de Vézelay.

Gilon n'a pas connu le travail composé par Rainald. Nous en donnons deux preuves : 1° Au sujet des miracles de saint Hugues, Gilon (fol. 211 v**) dit qu'un grand nombre ont été tenus secrets pour les raisons qu'il explique ; & il en cite un, entre autres, qui eut lieu à Paray-le-Monial. Ce miracle était dans la série de ceux qui a avaient été tenus secrets jusqu'a- « lors. » Mais, si nous ouvrons le livre de Rainald, nous y trouvons ce mjracle raconté tout au long, & avec des détails particuliers qui garantissent que Gilon ne l'a pas copié là. Donc celui-ci était de bonne foi lorsqu'il disait que ce fait était resté inconnu avant lui. Donc il n'avait certainement pas lu le travail de Rainald. 2^ Voici une preuve plus claire encore. En parlant des monastères que saint Hugues avait restaurés (fol. 218 V^), Gilon dit naïvement : « Nomina quarum memorùe non occurrunt. » Mais s'il avait eu en mains l'œuvre de Rainald, il y aurait trouvé, énumérés à la file, les noms de Saint-Martial, de Saint-Gilles, de Saint-Austremoine, de Vézelay, de Montierneuf, de Saint-Bertin, de la Charité, de Saint-Martin-des-Champs, &c. Sans le moindre plagiat il pouvait les citer, au lieu de faire un aveu qui devait lui attirer une verte riposte, ainsi que nous le verrons. 11 est donc manifeste que, lorsqu'il écrivait, Gilon n'avait pas entre les mains l'œuvre de Rainald.

Mais d'autre part nous relevons dans les deux biographies des expressions un peu cherchées, qui se rencontrent dans l'une & dans l'autre, identiques, & sur les mêmes sujets. Elles frappent d'autant plus que les deux auteurs ne se copient pas mutuellement. Voici quelques-unes de ces expressions :

RAINALD

A propos du père de saint Hugues :

viro consulari

de sa naissance :

in tanti speculo sacramenti

de son enfance :

nec lascwiœ, ut iUa œtas assokt,

de sa pétition au chapitre :

tn bœc verba prorumpens :

de son amour pour la leélure :

De leSHone vero & oratione, quibus pœne jugis insistebat.,. sic in utroque se insatiabilem ostendebat,

de ses aumônes :

dum thesauros incomparahiks in eorum profligaret expensis, 6r quod alicui potentissimo régi sufficere ad divitias crederetur.

A propos de Durand, archevêque de Toulouse :

fraSfura siîentii altéra bebdomada soîidata.

GlLdN

vir consularis

quod in tanti speculo sacramenti

non, ut iîla œtas assokt, lascivia

in bœc verba prorupit :

Leâione insatiabilis, orationi insiabat

• tôt & tanta effundebat, quœ si numerari facuîtas concedatur, magnarum regum tbesauris merito preferantur.

ut fraêhira siletttii aliorum septem dierum silentio sarciretur.

On pourrait poursuivre cet examen ; mais ces exemples suffisent à prouver que Ton trouve dans Rainald & dans Gilon des pensées & des expressions dont le nombre & la nature excluent toute supposition d'analogie fortuite. Il faut que l'un ait eu sous les yeux le travail de l'autre. Nous avons montré que Gilon n'avait pas eu celui de Rainald. C'est donc Rainald qui a connu celui de Gilon.

D'autres preuves encore viennent à l'appui de la précédente, & montrent que non seulement Rainald a écrit après Gilon, mais qu'il parait avoir écrit en partie dans le but de faire mieux que son devancier. Le petit prologue de l'abbé de Vézelay est significatif. Qyoi qu'en dise Lehman, Rainald indique bien clairement qu'une Vie a déjà été écrite ; c'est l'avis de Papebrock, en son Commentarius prœvius aux Aéles de saint Hugues ; « Si forte aîtioris ingenii viri studium. . . &c. » Forte n'est ici qu'une de ces précautions oratoires à l'abri desquelles on fait passer une chose désagréable. Or les expressions de Rainald conviennent absolument à la Vie écrite par Gilon. « Aîtioris ingenii vir » ; Gilon méritait de la part de Hildebert le compliment de « vir amplioris îitteraturœ ». Mais Rainald y met bien une pointe de malice. Gilon n'écrit pas simplement : les dévelop-

pements qu'il donne à son œuvre paraissent déplaire à Rainald ; esprit net et prompt, ami des faits, ennemi des li^ngueurs, celui-ci déclare laisser l'œuvre « de ce puissant esprit aux hommes d'une sagesse supérieure » , & destiner son pauvre travail seulement aux esprits moins profonds. Mais en un certain endroit, il ne se contient plus. Arrivé au chapitre de l'influence monastique de saint Hugues , là où Gilon déclare que sa mémoire lui fait défaut, Rainald le prend évidemment à partie avec une certaine vivacité ; au lieu d'un récit, il nous donne une réplique : « Quis heatorum con- <iifessorum Martialis & y^gidii ecclesias relsgione restauravit, nisi iste vir hea- « tus? Quis beati Àustretnonn Arvernensis nisi iste vir heatui? Quis beatœ « Maria MagdaUna yi:(iliacensem eccUsiam, , . nisi iste vir heatus ? Hic PiSfa- « vis sanéfi Joannis Evangelistœ cœnobium ab ipsis fundamentis religione fun- « davit, sanÛi quoque Bertini confessoris ecclesiam, é . . locum etiam qui Cari- « tatis obtinet nomen, . . Parisiis ecclesiam sanéti Martini quœ de Campis nun- ^ cupatur. . . &c. » L'intention est évidente. 11 nous parait donc prouvé que l'abbé de Vézelay a écrit les yeux fixés sur l'œuvre du moine Gilon ; ainsi la question de priorité se trouve tranchée en faveur de celui-ci.

Cette conclusion nous permet d'assigner une date a l'œuvre de Gilon. En effet, Rainald a écrit alors qu'il était encore abbé de Vézelay ; c'est en cette qualité qu'il signe son travail. Or il ne l'était plus en 1 1 16 ; cette année-là il avait un successeur nommé Robert (i). Nous devons donc dire qu'il écrivit au plus tard en 1 1 1 5 ; & par conséquent Gilon écrivit au plus tard en 1 1 14, cinq ans après la mort de saint Hugues. Nous dirions même plus volontiers 11 13; voici pourquoi. En parlant d'Adémar, jadis aumônier à Guny, & plus tard abbé de Saint-Martial, Gilon dit : ^< Dompnum « Ademarum, sue aliquando dispensatorem largitionis, post faélum abbaye tem magne honestatis. » Or il est à remarquer que l'auteur n'emploie le terme domnus ni en parlant de l'archevêque Durand de Bredon, ni en parlant des abbés Hunald de Moissac ou Goderan de Maillezais, moins encore en nommant d'autres religieux revêtus de fondions à Cluny. Cette exception en faveur d'Adémar n'indique-t-elle pas que celui-ci vivait encore ? Nous le croyons. D'ailleurs, le brillant gouvernement de l'abbé de Saint- Martial ne se termina qu'en 11 14. Nous croirions donc volontiers que Gilon écrivit en 1 1 13. Dans tous les cas, la date de 1 1 14 est rigoureusement fixée comme date extrême.

Deux obj6^ions peuvent se présenter à rencontre de cette conclusion :

i<^ L'emploi fréquent que fait Gilon du mot sanêlus appliqué à son héros n'indique-t-il pas qu'il écrivit après la canonisation de saint Hugues, qui eut lieu en 11 20 ?

2° Le moine Hugues s'étonne, en écrivant sa Lettre, que ses devanciers aient omis les faits qu'il raconte, au nombre desquels se trouve cette canonisation. Par conséquent Gilon aurait écrit après 1120; autrement le

(i)Jaffé, Regest. n. 4820.

moine Hugues n'aurait pu s'étonner de ne pas trouver dans cette biographie un fait qui lui eût été postérieur.

Quant à la première objeélion, nous savons que les ABa SS. O. S, B. raisonnent de cette manière pour fixer la date d'une biographie de saint (i). Lehman agit de même (2). Mais c'est là un faux principe lorsqu'il s'agit du xu« siècle notamment. C'est conclure de la discipline ecclésiastique du xvii« siècle à celle du xii«. Or on peut voir combien cette conclusion est fausse, en consultant Benoît XIV, dont nul ne contestera l'autorité en la matière (3). Au début du xn« siècle, les canonisations étaient en usage, il est vrai, mais n'étaient pas encore réservées au Siège apostolique. De plus, l'épithète de saint donnée à un personnage dans un manuscrit ne peut être considérée comme un culte public & liturgi()ue; &, sur ce dernier point, les moines clunisiens attendirent la décision du Pontife romain. Les termes dont se sert Rainald de Vézelay, qui écrivit certainement avant la canonisation, sont bien aussi forts que les épithètes employées par Gilon. Rainald^termîne son œuvre par ces mots : <i Heu de vita sanéli patris nostri Hugonis, abbatis Cluniacensis, &c. » Or c'est là précisément l'antique formule par laquelle on désignait les saints les plus vénérés. Nous concluons donc que les preuves ci-dessus fournies pour fixer la date de 1 114 ne sont point infirmées par l'emploi de l'épithète sanéius au cours du récit de Gilon.

Quant à la seconde objedîon, qu'il nous suffise de faire remarquer deux choses : la première, c'est le caraélère de la Lettre du moine Hugues, œuvre de parti, panégyrique intéressé de l'abbé Ponce. L'air scandalisé, le « miror omùisse » de l'écrivain, perdent par là beaucoup de leur valeur. La seconde remarque à faire est celle-ci : Hugues rapporte plusieurs faits inédits : pourquoi exigerait-on que tous ces faits eussent dû être mentionnés par chacun des trois biographes précédents, Gilon, Rainald, & Hildebert ? Si on veut tirer argument du « miror omisisse » de Hugues pour contester l'ancienneté de Gilon, il faut aussi s'en prévaloir contre l'ancienneté de Rainald. Or celui-ci a certainement écrit avant 1120, avant 11 16. Donc il y a lieu à distribuer entre les trois biographes les reproches de Hugues : Gilon & Rainald les mériteront (peut-être) pour n'avoir pas parlé de Landri ni de Sabine de Jouarre, & Hildebert pour n'avoir pas mentionné la canonisation de saint Hugues, qu'il devait connaître. Vouloir que ce dernier reproche soit imputable aussi à Gilon serait une décision arbitraire, que rien ne justifierait.

Nos conclusions sont donc celles-ci :

1° Gilon est le premier biographe de saint Hugues ;

(1) Sacc. VI, part. 11, p. 779.

(2) Forscbungefif p. 13-15.

(3) Dâ canoni^atione Sanâhrum, éd. 1839, lib. II, cap. ix, p. 50 ; cap. x, p. 63.

2^ Il a écrit en 1 1 14 au plus tard.

Ces conclusions étaient évidemment celles des bénédiâins de Saint- Maur ; car ils avaient fait copier l'œuvre de Gilon pour l'insérer dans le volume qui devait continuer les Àâia SS. O. S. B,{i), à l'exclusion du travail de Hildebert, dont ils donnaient seulement le prologue. Ils avaient donc reconnu que l'œuvre du vénérable évéque était une copie dont l'original était la biographie écrite par Gilon, & ils jugeaient que celle-ci était la véritable source à laquelle il fallait remonter.

Qpel était ce moine Gilon dont nous reproduisons l'œuvre ?

Si l'on accepte une conjeâure de dom Marténe à ce sujet (2), Gilon serait un clerc de l'Eglise de Paris qui suivit les croisés à Jérusalem, célébra leurs exploits dans un poëme en six chants, puis se fit moine à Cluny. Créé cardinal évéque de Tusculum en 1 121, nommé légat du Saint-Siège en Palestine, il joua ensuite le plus triste rôle durant le schisme de l'antipape Anaclet, malgré les efforts de Pierre le Vénérable (3), & mourut enfm réconcilié avec l'Eglise vers 1 142. Nous devons avouer que nous n'acceptons pas cette biographie comme étant celle de notre auteur. Si nous osons en cela différer d'opinion avec nos maîtres, qui d'ailleurs n'ont donné la leur que* comme une conjedure , c'est que nous avons pu comparer des documents qu'ils n'avaient pas examinés.

Le Spicilège de dom d'Achery(4) donne une lettre d'un moine clunisien qui présente deux particularités à remarquer sur le sujet qui nous occupe : d'abord une signature G. A. , puis une expression cara(ftéristique , mfilius Orientis », laquelle se retrouve dans la Vie de saint Hugues. Elle est tirée de l'Ecriture, mais prise les deux fois dans un même sens, qui est justement l'opposé du sens scripturaire. A nos yeux elle indique entre la lettre du Spicilège & la Vie de saint Hugues une communauté d'origine, que vient confirmer la signature G. Cela posé, remarquons que cette lettre est d'un moine déjà âgé, qui vit à Cluny occupé à lire saint Jérôme & Origène; ce ne peut être celui qui devint cardinal, & vécut ensuite vingt-deux ans ; ou bien il faudrait croire qu'il est mort presque centenaire. De plus, notre Vie de saint Hugues a été écrite au plus tard en 1 1 14. Est-il vraisemblable que son auteur ait été appelé à Rome pour n'être élevé en dignité que sept ans après ? Ainsi ne procédèrent ni saint Grégoire Vil ni le bienheureux Urbain 11 en pareille circonstance. Qpe l'on n'objeâe pas l'invraisemblance de deux moines du même nom à Cluny.

(1) Bibl. Nat., ms. 11 780, fonds Saint-Germain.

(a) AmplUsima colU^io, t. V, p. 508 ; Thésaurus Anecdot, t. III, p. ai a.

0) Petr. Vcncrab. EpisU lib. II, iv & xxx.

(4) Spicil. in-fol. t. III, p. 4a7.

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