CHAPITRE IV
allait être envoyé par le Pontife à Constantinople, pour chercher, mais en vain, à conjurer le schisme de TÉglise grecque; car le patriarche Michel Cérulaire marchait sur les traces de Photius, dont il devait bientôt consommer l'œuvre désastreuse. A Rome, Tabbé de Cluny retrouvait encore les souvenirs de son père bien-aimé, saint Odilon, que Sainte- Marie de TAventin avait reçu deux ans auparavant. Il retrouvait surtout Hildebrand, placé à la tête de Tabbaye de Saint- Paul depuis Tannée précédente. Hildebrand regrettait toujours la France, qu'il n'avait quittée qu'à la sollicitation pressante du nouveau Pape. Le speflacle de Rome, désolée par les faftions, pillée par les brigands, déchirait son cœur comme celui de son ami de Cluny. Aussi lorsque celui-ci se mit en devoir de rentrer en France, Hildebrand voulut le suivre. Mais chacun des deux jeunes abbés avait sa mission spéciale dans TEglise, & Dieu ne permit pas que l'abbé de Saint-Paul fût perdu pour Rome. L'apôtre Pierre lui apparut jusqu'à trois fois, & l'obligea enfin à revenir sur ses pas(i). La séparation une fois consommée, Hugues de Cluny continua sa route, & revit avec joie sa chère abbaye, qu'il pouvait avec le Prophète appeler bien réellement « la maison de « sa sanctification (2). »
(i) Paul de Bernried, ap. Watterich, Rom. Pontif. f^itœ, t. I, p. 478. (2) Isai. Lxiv, II.