‹ Vie de Saint Hugues, abbé de Cluny, 1024-1109Chapitre 6 sur 322 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

Nous récusons donc la critique naturaliste à tous ses degrés en ce qui touche saint Hugues. Mais nous ajoutons que nous n'avons pas négligé pour cela de contrôler au point de vue historique les récits des divers biographes. C'est même en raison de ce contrôle que nous avons la hardiesse (puisque aujourd'hui c'en est une) d'enregistrer ces récits sans les atténuer. Nous n'admettons pas que la raison perde le droit d'affirmer des faits passés, par cela seul qu'elle ne peut les expliquer. Autrement, combien de faits scientifiques des mieux avérés devraient être révoqués en doute , ou même absolument niés ! Nous avons donc pesé les témoignages ; &, une fois encore, la sainteté a prouvé qu'elle ne redoute pas les enquêtes. Qu'avons-nous trouvé en effet? Le voici : i» totis les biographes de saint Hugues l'ont connu personnellement, & de très près pour la plupart; 2® ils ont écrit pour les moines clunisiens, dont une centaine au moins pouvaient vérifier leurs assertions ; &• nous verrons plus d'une fois que ces religieux étaient beaucoup moins prompts qu'on ne l'imagine à accepter les récits tenant du merveilleux ; ils demandaient des preuves; or les preuves furent fournies ; y parmi ces biographes & ces témoins nous remarquons les noms les plus autorisés de f époque, saint Grégoire y II, saint Pierre Damien, le bienheureux Urbain II, le Pape Etienne X, le vénérable Hildebert, évêque du Mans ; Rainald, abbé de yé^elay, puis archevêque de Lyon ; Eadmer, l'historien de saint Anselme ; Pierre le Vénérable, ce grand abbé de Cluny, qui fut, au dou:^ième siècle, théologien, historien, polémiste, & que saint

Bernard trouva digne de jouter avec lui; enfin, les autres biographes qui ont paru dignes de foi à Papebrock lui-même, dont on connaît les exigences en matière de critique. Et puis, au-dessus de tous, le Pape Calixte II, qui, on^e ans après la mort de saint Hugues, fit lui-même, à Cluny, une enquête en règle sur les vertus & les miraclés du saint abbé ; enquête dont le résultat fut l'établissement du culte public Sr liturgique décerné au confesseur du Christ. Pouvait-on ne pas avoir confiance dans des récits qui se présentaient sous de pareilles garanties ? Non ; ou bien il faudrait renoncer à écrire l'histoire. Néanmoins nous avons encore examiné les faits en détail, ô*

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