‹ Vie de Saint Hugues, abbé de Cluny, 1024-1109Chapitre 66 sur 322 · I06 CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

I06 CHAPITRE VU

Oa le voit, la question ne se réduisait pas ici à la nomination d'un abbé choisi uniquement par celui de Cluny, comme cela avait lieu pour Moissac. Si l'abbé de Cluny avait la présidence du chapitre d'éleétion, les moines ne reconnaissaient qu'avec des réserves significatives le lien qui les unissait à lui. Et puis que d'influences diverses il y avait à ménager pour arriver à faire prévaloir un bon choix! Dans la circonstance présente, Hugues avait réussi pleinement; & le nouvel abbé de Maillezais, bientôt évêque de Saintes, vivra & mourra en odeur de sainteté. Mais on peut comprendre pourquoi notre saint ne pouvait se défendre d'appréhender toute nouvelle extension. 11 examinait longuement avant de s'y prêter, & n'y consentait que sur des garanties sérieuses, qu'elles fussent de l'ordre naturel ou de l'ordre divin. 11 eut une occasion de montrer ses sentiments à ce sujet, précisément à l'époque dont nous nous occupons. La renommée de Cluny amenait vers l'abbé Hugues la châtelaine de Montlhéiy, qui venait lui demander des moines pour fondera nouveau le monastère de Notre-Dame de Longpont, situé non loin de son château. L'abbé de Cluny se fit beaucoup prier, dit l'ancienne chronique, « parce qu'il lui répart gnait d'envoyer ses enfants au duché de France, qui n'en <\ avait pas encore reçu. » Vaincu cependant par les instances de la dame de Montlhéry, Hugues fit partir des moines pour Longpont ; & ce prieuré fut à son tour dans le cours des siècles la source de plusieurs autres monastères. Mais l'heure est venue de tourner les yeux vers la plus chère des fondations de notre saint abbé, vers ce monastère de Marcigny dont nous avons dit l'origine, & dont la véritable inauguration se place en l'année 1061 (i).

Wion dans son Lignum vitct, Bucelini dans son Calendrier des Saints de TOrdrt Je S. Benoît, Trithème dans son livre De virît illuttribm, le rangent parmi les saints moines & les saints pontifes.

(1) Nous adoptons cette date sur l'autorité de M. Cucherat (Oun^ au XI' siick), qui a eu a sa disposition les manuscrits de Marcigny.

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