XII PREFACE
historien. Dans son prologue, il disait écrire après E^elon &• Gilon, deux moines clunisiens, qui avaient, ensemble ou séparément (i) , écrit une vie du grand abbé de Cluny. Ce travail n'était publié nulle part, Gr restait ignoré. Mabillon le signalait à la bibliothèque de Saint-Germain-deS'Prés ; mais à peine en donnait-il une phrase dans ses Annales, De nos jours , Wattenbach (2) constatait que cette Vie existait encore, Gr regrettait qu'elle ne fût pas donnée au public. Nous voulûmes la connaître. Létude des catalogues de M. Léopold Delisle nous donna pour quelques instants l'illusion d'une visite à la bibliothèque de Saint-Germain, sous la conduite du guide le plus éclairé. Nous pûmes ainsi trouver les deux manuscrits que Mabillon avait possédés , 5r aussi la copie préparée d'après ces originaux par les Bénédictins de Saint-Maur, pour la continuation des Afta Sanftorum Ordinis Sanfti Benedifti (3). // ne nous fallut pas longtemps pour reconnaître que l'œuvre de Hildebert était purement Gr simplement celle du moine Gilon, mise en plus beau langage. A part deux ou trois passages fort courts , où Hildebert rapporte des faits qui lui sont personnels, tout son travail se borne à mettre sa rhétorique à la place de celle de Gilon. Mais l'amour du beau style lui a fait commettre plusieurs erreurs. En ciselant une période, il ne s'est pas aperçu qu'il effaçait un mot important au point de vue de la topographie locale, de l'histoire monastique, ou de la vie clunisienne; en sorte que tel récit de Gilon devient presque inintelligible, sous sa nouvelle forme , pour le leSleur qui cherche à faire revivre le fait dans le cadre où ce fait a eu lieu. Une confrontation soutenue des deux biographies avec l'OvAo Cluniacensis , ou recueil des coutumes de Cluny par le moine Bernard (4), démontre clairement l'infériorité
(1) Nous examinons cette question ci-après. Voir aux documents.
(2) Deutscblands Gescbicbtsquellen (1878), t. II, p. 163.
(3) Nous examinons plus à fond ces trois manuscrits dans la discussion que nous renvoyons à la fin de notre volume ; nous aurions craint, en la plaçant ici, d'allonger démesurément cette préface.
(4) Nous avons recouru à ce recueil plutôt qu'aux trois livres d'Udalric, parce que le travail de Bernard est beaucoup plus complet, quoique disposé avec moins de méthode. Le cas échéant, nous avons consulté aussi Udalric, ainsi que les autres coutumiers d'origine clunisienne.
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