‹ Vie de Saint Louis de Gonzague de la compagnie de JésusChapitre 23 sur 85 · Première Partie. Chap. IX · texte numérisé non relu

Première Partie. Chap. IX

occupé à enseigner et à prêcher : mais de temps en temps il se retiroit dans la solitude ou sur les montagnes pour prier ; puis il retournoit à converser avec les hommes , à instruire les ignorans , et à prêcher les choses nécessaires au salut.

Louis pensa donc que , pour l'amour de Dieu , il devoit se détacher du goût qu'il avoit pour la tranquillité spirituelle que goûtent les religieux dans le silence et la solitude ; et faire choix d'une religion qui fût mixte , d'un état où l'on fît profession d'aider le prochain , et où , en l'aidant , on eût en vue sa propre perfection. L'église ne manquant point d'Ordres religieux institués pour cette fin , il fit la comparaison des uns avec les autres , et considéra très-attentivement les moyens , les secours , les exercices » que chacun de ces différens Ordres employoit pour réussir. Enfin , après une mûre délibération et de ferventes prières , il se décida pour la Compagnie de Jésus , et résolut de s'y consacrer au service du prochain ; persuadé que cétoit là que Dieu 1 appeloit ; dâutant plus que son institut étoit tout-à-fait conforme à ses vues.

Quatre choses rattachèrent surtout à cette Compagnie : d'abord , parce que l'observance y étoit dans toute sa vigueur , et que son institut n'étoit en rien altéré ; en second lieu , parce qu'on y faisoit un vœu particulier de ne point rechercher les dignités ecclésiastiques, et même de n'en point accepter , si ce n'est d'après un commandement exprès du Pape ; en troisième lieu , parce qu'il voyoit dans la Compagnie plusieurs sortes de moyens pour former la jeunesse : des écoles , des congrégations propres à l'élever dans la crainte de Dieu et dans lin-

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noeence des mœurs ; en quatrième lieu , enfin , parce que la Compagnie, s'occupoit à ramener au sein de 1 Eglise les hérétiques , et à convertir les Gentils dans les Indes , le Japon et le nouveau Monde ; ce qui lui faisoit espérer qu'un jour il pourroit être envoyé dans ces missions pour y travailler au salut des âmes.

Après avoir fait ainsi son choix , Louis chercha à s'assurer , autant que la chose étoit possible , que telle étoit la volonté de Dieu. Il résolut donc de communier à cette intention , de prendre pour cela un jour consacré par quelque fête de la sainte Vierge, et de demander , par l'intercession de cette reine du ciel , que Dieu voulût bien lui faire connoître sa volonté. La fête de l'Assomption de la sainte Vierge approchoit ; Louis se trouvoit cette année 1 583 à lage de quinze ans et demi. Il se disposa donc à cette communion par plusieurs ferventes prières , et par d'autres préparations extraordinaires. Il communia le jour de cette Fête. Tandis qu'il demandoit avec instance au Seigneur , par l'intercession de sa sainte Mère , de vouloir bien lui faire connoître ce qu'il attendoit de lui dans le choix d'un état , il entendit une voix claire et distincte qui lui dit de se faire religieux dans la Compagnie de Jésus , lui ordonnant en même temps d'aller en parler à son confesseur. Louis , assuré de la volonté de Dieu , courut plein de joie trouver son confesseur , à qui il raconta ce qui s'étoit passé ; le priant de vouloir bien s'intéresser auprès des supérieurs , afin qu'il fût reçu sans délai. Le confesseur, après avoir examiné les commencemens et les progrès de ce choix , lui répondit qu'il lui paroissoit que la vocation étoit bonne et venoit de Dieu ; mais que , pour la

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