CHAPITRE III
Combien Louis est porté a la mortification pendant son noviciat,
JLjouis avoit coutume de dire qu'il avoit retenu cette leçon du marquis , son père , que quand une personne prend un état , elle doit le remplir le plus parfaitement qu'il lui est possible. Puisque mon père , ajouioit-il , a mis en pratique cette leçon pour les choses du monde , n'est- il pas de mon devoir de la pratiquer moimême y quand il s'agit des choses de Dieu ? Toute sa conduite montra combien il étoit pénétré de ce principe , puisqu'il s'appliqua , avec toute l'ardeur possible , à acquérir toutes les vertus propres de son état. Nous ne rapporterons que ce que tout le monde admiroit en lui avec surprise.
Dès qu'il fut entré au noviciat , il perdit tellement la pensée de ses parens , qui! sembloit les avoir absolument oubliés. D'où il arriva qu'un jour étant interrogé combien il avoit de frères dans le monde , il ne put répondre surle-champ ; il fallut qu'auparavant il les comptât secrètement, Un autre jour on lui demanda si la pensée de ses parens ne l'importnnoit pas quelquefois. Jamais, répondit-il, parce que je n'y* pense que quand il est question de les recommander a Dieu en général. 11 étoit maître de ses pensées , parce qu'il letoit de ses sens. Il usoit de la plus grande attention à les garder, et ne perdoit aucune occasion de les mortifier. Jamais en religion on ne le vit sentir une fleur, ni s'arrêter à savourer quelque odeur agréable,
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Quand il alloit aux hôpitaux pour servir les malades , il s'attachoit pour l'ordinaire à ceux qui étoient les plus rebutans ; il supportoit toutes leurs infections , sans jamais donner aucun signe qui fit connoître qu'il y eut quelque répugnance.
11 mortifioit son corps par de fréquentes disciplines , par des jeûnes au pain et à l'eau , et par quantité d'autres pénitences qu'il pratiquoit, sans trouver jamais qu'il en fit assez. La délicatesse de son tempérament ne permettoit pas qu'on se rendît toujours facile à ses demandes. La seule chose dont il se plaignoit , étoit la retenue des supérieurs en ce point. Un jour il dit en confidence à un Père , que depuis qu'il étoit dans la religion il ne faisoit plus de pénitence ni de mortification , en comparaison de ce qu'il avoit fait dans le monde ; mais que sa consolation étoit que la religion est comme un vaisseau , dans lequel ceux qui par obéissance ne font rien , avancent autant dans la route que ceux qui y travaillent beaucoup. Un jour de vigile , il demanda au maître des novices la permission de jeûner au pain et à l'eau ; celuici le lui permit ; mais s'étant aperçu qu'il n'avoit presque rien mangé , il l'appela au sortir de table; et pour le mortifier, il lui ordonna d'aller à la seconde table , et de manger tout ce qu on lui serviroit. Louis obéit ponctuellement. Après ce second dîner, quelqu'un qui s'en étoit aperçu , lui dit en badinant : Cela est bien , frère Louis ; oh ! la bonne invention / manger peu a la première table > pour retourner bien manger à la seconde ! A quoi Louis répondit en riant : Que voulez-vous que je fasse ? Le prophète dit : Utjumentumfactus sum apud
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te : je suis devenu comme une bête de charge en 'votre présence.
Si quelqu'un racontoit des nouvelles , ou quelque autre chose de peu d'utilité , il changeoit le discours, s'il le pouvoit ; et si les personnes qui parloient lui en imposoient par leur âge ou leur dignité , il se tenoit dans un tel silence, qu'on pouvoit conclure quu n ecouloit pas volontiers ce qui se disoit.
I! gardoit soigneusement dans le siècle la modestie des yeux ; il porta cette vertu encore plus loin dans la religion. Les novices alloient quelquefois dans l'année se récréer à une maison de campagne ; Louis y étoit allé plusieurs fois avec les autres novices. Il arriva qu'un jour ils furent envoyés à une autre campagne : de retour à la maison , on demanda à Louis laquelle des deux maisons lui plaisoit davantage ? Cette demande 1 étonna fort , ayant cru jusque-là avoir été à la campagne ordinaire , quoique le chemin qui y conduisoit et tes appartemens fussent tout diffe refis : réfléchissant ensuite , il se souvint que dans la dernière maison il avoit trouvé une chapelle qu'il n'avoit pas vue dans la première. Depuis trois mois il mangeoit dans le réfectoire du noviciat , et il ne savoit pas encore l'ordre des tables ; de sorte qu'un jour étant envoyé par le Père ministre prendre un livre à la place du recteur , il fut obligé de prier quelqu'un de lui enseigner cette place. Une autre fois, après plusieurs mois de noviciat , il rapporta au maître des novices , comme un scrupule qui 1 inquiétoit beaucoup , que par hasard et sans le vouloir , ses regards séloient deux ou trois fois portés vers un de ses compagnons , qui étoit assis auprès de lui ; qu'il craignoit que ce ne fût
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un acte de curiosité : et , ce qui est encore plus surprenant , il ajouta que c'étoil là le premier scrupule qui lui fût venu dans la Compagnie en matière de regards.
On eût dit qu'il avoit tout-à-fait perdu le sentiment du goût. Il ne trouvoit aucune saveur aux mets. Que la chose lût bonne ou mauvaise, bien ou mal apprêtée , tout lui étoit égal ; s'il montroit quelque préférence , cetoit toujours pour le plus mauvais. Tandis qu'il mangeoit , son esprit étoit attentif à la lecture, ou occupé de quelque pieuse méditation. Le matin , il pensoit ttu fiel dont le Sauveur fut abreuvé sur la croix ; et le soir , il méditoit sur les merveilles de la dernière Cène que le Seigneur fît avec ses disciples. Son plus grand soin étoit de veiller sur sa langue. Si l'on ignoroit quels maux elle occasione , et combien il est ordinaire de pécher en parlant , on accuseroit Louis d'avoir porté en ceci la délicatesse au-delà des bornes. Il avoit souvent pour oraison jaculatoire ces paroles du roi-prophète : Seigneur, mettez une garde à ma bouche. Porte, Domine, custodiam ori meo , et ostium circumstantiœ lahiis meis ; et dans la conversation il avoit coutume de dire : Celui qui ne pèche point dans ses paroles est un homme parfait. Qui non offendit in uerbo , hic perfectus est vir.
Un jour il eut ordre d'accompagner un des Pères ; et ayant ouï dire que quand on donnoit la permission de sortir , on ne donnoit pas toujours pour cela celle de parler, il porta avec lui un livre de piété : en sortant de la maison il commença sa lecture , et il la continua tout le temps que dura la sortie, sans proférer une parole. Le Père , prenant plaisir à cette déli-
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catesse de conscience , le laissa faire , et s'occupa de son côté de quelque pieuse méditation. La raison pour laquelle Louis aimoit si fort le silence , étoit non-seulement parce qu'il craignoit d'offenser Dieu en parlant , mais aussi parce que l'attrait intérieur qui l'unissoit incessamment au Créateur , lui ôtoit lout le goût qu'il auroit pu avoir à s'entretenir avec les créatures. Aux heures de la récréation du matin et du soir , où il est permis de se récréer un peu en conversant , il parloit avec les autres , mais toujours de Dieu. Quelquefois il commencoit un discours ; puis faisant réflexion qu'il seroit mieux de ne pas continuer, il brisoit là; et quelque envie qu'il se sentît de continuer , il ne le faisoit pas , et demeuroit quelque temps en silence.
Pour ce qui étoit de l'habillement , il prioit instamment qu'on lui donnât ce qu'il y avoit de plus usé ; et parce que le supérieur ordonna une fois qu'on lui fît une soutane neuve , il montra tant de répugnance en la prenant, que le tailleur s'en aperçut , ainsi que les autres personnes présentes. Un jour qu il rendoit compte de la répugnance qu'il avoit eue à ce sujet , le supérieur lui répondit qu'elle pouvoit venir de l'amour-propre , et du désir de conserver une certaine réputation parmi les autres. Ces paroles lui donnèrent occasion d'examiner pendant plusieurs jours toutes ses pensées , pour voir s'il découvriront en lui le germe de ces sentimens : mais quelque rigoureux que fût son examen , il ne put jamais s'y trouver coupable ; au contraire , il se rappella que si au commencement de son noviciat il lui étoit venu quelques pensées de complaisance , il avoit, par la grâce de
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Dieu, fidelîement rejeté toutes ces pensées. Cer pendant , pour se prémunir encore davantage contre ce sentiment subtil d'amour-propre , il prit pour sujet de toutes ses méditations , pendant plusieurs mois , l'obligation d'anéantir jusqu'au germe de sa propre estime , et d'acquérir un saint mépris de lui-même.
Par rapport aux mortifications , il étoit surtout exact à celles qui touchent l'honneur ; persuadé que ces sortes de mortifications sont encore plus utiles et plus nécessaires que les austérités du corps. L'usage continuel qu'il en avoit fait , l'avoit amené au point cle ne plus éprouver aucune répugnance à les pratiquer , soit eu public , soit en particulier. îl demancloit souvent à son supérieur d'aller dans Rome avec des habits déchirés , une besace sur l'épaule , et demandant l'aumône. Interrogé s'il éprouvoit en cela quelque sentiment de honte et de répugnance , il répondit que non ; parce qu'il avoit pour lors devant les yeux l'exemple dix Sauveur , le mérite et la récompense attachés à ces actions ; qu'il n'en falloit pas davantage pour lui faire trouver du plaisir à ces pratiques : qu'humainement parlant , il ne voyoit même pas comment il pouvoit y avoir en cela de la mortification : Car enfin , disoit-il , ou ceux qui me voient ainsi me comtois sent , ou nonm S'ils ne me connoissent -pas y je dois peu me soucier de ce qu'ils diront ou penseront : s'ils me connoissent , ils seront édifiés , et je ne perdrai rien auprès d'eux ; au contraire 7 peut" être porteront-ils de moi un jugement plus propre a nourrir mon amour-propre qua m'humilier ; car même aux jeux du monde c'est une gloire de renoncer aux avantages d'une
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condition noble et aisée } pour embrasser la pauvreté de Jésus -Christ.
De même aussi quand , les dimanches et fêtes , ses supérieurs l'envôyoient dans les rues de Rome et dans les places publiques enseigner la doctrine Chrétienne , et catéchiser les pauvres et les gens de la campagne , il s'en acquittoit avec tant de satisfaction et de charité , que quiconque le voyoit en étoit édifié. Dans une de ces occasions , ayant rencontré un homme qui depuis six ans ne s'étoit pas confessé , il fit tant auprès de ce pécheur , qu'il le détermina à venir se confesser ; et il le conduisit à un Père de la maison professe. Ce ne fut pas la seule itois qu'il exerça son zélé pour le salut des pécheurs.
Il avouoit cependant qu'une chose étoit pour lui un peu mortifiante : cetoit quand on le reprenoit publiquement de ses défauts , soit au réfectoire , soit ailleurs ; sa peine ne venoit pas de l'opinion que les autres pourroient avoir de lui , mais uniquement du déplaisir que lui causoient par eux-mêmes les défauts qui lui étoient reprochés. C'est pour cette raison qu'il demandoit souvent et instamment qu'on le reprît en public ; et il avouoit que cela lui étoit fort utile. Quoiqu'il fut tellement maître de son imagination , qu'il eut pu facilement la distraira à quelque autre objet , de façon qu'il n'entendît pas marne ce qu'on lui disoit en le reprenant , il se gardoit bien de le faire , afin que l'obéissance eut son cours , et parce que c'étoit pour lui une source de nouveaux mérites. Quand on l'humilioit ainsi en public , il s'en réjouissoit , dans h pensée qu'il souffroit quelque chose , et qu'ainsi il se conformoit en quelque manière à
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Notre-Seigneur Jésus-Christ ; ce qui lui fournissent assez souvent matière à de longues méditations.
Le maître des novices , voyant Louis si circonspect dans toutes ses actions , voulut l'éprouver dans une chose dont il n'eût aucun usage. Il le nomma pour quelques jours compagnon du réfectorier , lui donnant le soin de préparer le réfectoire , de le balayer , de le nettoyer : il ordonna en même temps au réfectorier , quelque chose que fit Louis , d'affecter de ne rien trouver de bien fait , et de ne lui point épargner les reproches. Ce réfectorier fît exactement tout ce que le maître des novices désiroit ; mais jamais il ne put réussir à obliger Louis de s'excuser ou de justifier ce qu'il avoit fait , de façon que , plein d'admiration de l'humilité et de la patience de Louis , il pouvoit à peine croire ce qu'il voyoit.
Le patriarche de Gonzague vint un jour au noviciat rendre visite à Louis. En sortant , il prit à part le Père recteur , et lui demanda comment se comportoit Louis dans son noviciat ? A quoi le Recteur répondit : Je ne saurois rien dire autre chose a votre grandeur , si non que tous , tant que nous sommes y nous avons beaucoup a apprendre d'un pareil exemple. En effet , Louis étoit si bien composé dans tout son extérieur , si parfaitement maître de tous ses mouvemens , si porté à la mortification , si parfait observateur de toutes les Pvègles , quoique petites qu'elles fussent ; si humble d'esprit et de cœur , si affable envers les autres , si respectueux pour ses supérieurs , si obéissant à leurs ordres ; si pieux à lega J. de Dieu , si dégagé de toute affection aux choses du monde,
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si embrasé de charité , si parfait , en un mot , dans la pratique de toutes les vertus , que tous les novices le regardoient comme un Saint , et baisoient par dévotion les choses qu'il avoit touchées. On avoit pour lui une telle vénération, qu'on recherchait tout ce qui avoit été à son usage , pour le garder comme des reliques. On lui enleva l'Office de la Vierge , qu'il avoit dans le siècle , pour l'emporter en Sicile , et le conserver par dévotion. Un Père prédicateur gardoit précieusement et comme une relique , le bréviaire que Louis avoit apporté dans la religion. C'est ainsi que , dès le temps de son noviciat , on avoit les plus hautes idées de sa sainteté et de sa perfection.
C H APITRE IV. .
Louis est envoyé h la maison professe pour y servir les messes.
XXprès quelques mois de noviciat , on avoit coutume d'envoyer à la maison professe les novices , pour y servir la messe pendant quelques semaines : ils occupoient dans cette maison un logement séparé , et s'y acquittaient des exercices propres du noviciat. On donnoit la qualité de chef à l'un d'entre eux. Ce chef étoit chargé d'avertir les autres de ce quils avoient à faire. Un des plus graves Pères de la maison avoit soin de les confesser , de les gouverner , et de remplir à leur égard les devoirs de maître des novices. Louis étoit depuis trois mois a ; noviciat, quand le Père recteur le nomma pour aller à la maison professe. Deux raisons iui firent recevoir cet ordre avec un grand plai*
Seconde Partie. Chap. IV. 101 sir : la première , c'est qu'il se persuadent qu'il lui seroit facile de profiter des bons exemples que lui donneroient les anciens Pères , qui , après avoir passé une partie de leur vie dans le gouvernement de la Compagnie et dans les saints mystères de la religion , n'avoient plus d'autre occupation que d'achever de se sanctifier eux-mêmes. L'autre raison étoit la grande dévotion qu'il avoit pour le très-saint Sacrement de l'autel.
C étoit pour satisfaire cette dévotion > que dans la maison paternelle il avoit autrefois montré tant d'empressement à servir la messe. Or , il pensoit qu'il alloit faire par office ce qu'il ne faisoit auparavant que par dévotion. C'est ce qui lui donna une consolation très-sensible. La tendre affection qu'avoit Louis pour le saint Sacrement étoit si connue de tout le monde , que quelqu'un voulant avoir son portrait , il lui vint une pensée de le faire peindre dans la situation d'adorateur devant ie très-saint Sacrement. Cette dévotion particulière naissoit en lui des nobles et grands sentimens qu'il concevoit dans la communion. Ce qui ne doit pas surprendre , si l'on fait attention à la pureté de son ame , et au soin qu'il apportoit pour se bien préparer à recevoir son Dieu. Une communion lui servoit de préparation à la suivante. Il avoit tellement distribué la semaine , que les premiers jours , savoir : le lundi , le mardi et le mercredi étoient assignés à la très-sainte Trinité ; il remercioit chaque personne divine du bien* fait qu'il avoit reçu en communiant ; et les trois autres jours , le jeudi , le vendredi et le samedi , il les offroit encore à cette Trinité sainte , priant chacune de ces divines personnes de lui accorder
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la grâce de faire , le dimanche suivant , une sainte communion.
De plus , il avoit chaque jour ses heures déterminées pour aller à l'église visiter le très-saint Sacrement , et y prier pendant quelque temps. Le jour qui précédoit sa communion , tous ses discours rouloient sur ce divin mystère : il en parloit avec une si grande ferveur , que quelques Prêtres de la Compagnie recherchoient le samedi l'occasion de prendre la récréation avec lui , pour lentendre discourir d'une façon si relevée de cet ineffable mystère. Ces Pères assurent qu'ensuite ils ne célébroient jamais la sainte messe avec plus de dévotion que le dimanche ; tant les discours de Louis leur faisoient d'impression. Cela étoit si connu , que quand quelqu'un vouloit communier ou dire la messe dans la semaine avec plus de ferveur et de recueillement , il faisoit en sorte la veille de se trouver avec Louis , et de faire adroitement tomber le discours sur cette matière. Le samedi au soir , Louis se couchoit tout occupé de ces pensées ; et le dimanche , dès son réveil , il commençoit sa méditation sur la communion , après laquelle il alloit avec les autres entendre la messe. Après la communion il se retiroit dans un coin ; pendant un espace de temps assez considérable , on l'y voyoit comme abstrait des sens ; son ame et son cœur étoient pleins d'affections amoureuses et d'une douceur toute céleste. 11 passoit le reste de la matinée en silence , priant voealement , ou mentalement , et lisant quelques morceaux choisis de saint Augustin ou de saint Bernard,
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