‹ Vie de Saint Louis de Gonzague de la compagnie de JésusChapitre 42 sur 85 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Témoignage que le père Jérôme Piatti a rendu de Louis,

JLjouis j en entrant à la maison professe , y trouva le père Jérôme Piatti chargé du soin des novices. C etoit un homme de grande vertu , très-versé dans la spiritualité et dans la perfection religieuse, comme le prouvent les livres qu'il a mis au jour , et les manuscrits qu'il a laissés sur ces matières. Une mort trop précipitée a privé les personnes religieuses d'une partie des avantages qu'elles auroient pu en retirer. Il leur apprenoit avec une merveilleuse facilité la façon de se détacher des affections du monde , de mortifier le corps , de réformer le cœur , de réprimer et de régler les passions, de déraciner les vices et les mauvaises habitudes ; en un mot , d'acquérir toutes les vertus nécessaires à un Religieux.

Ce Père si judicieux et si religieux se réjouit beaucoup de se voir chargé du soin de Louis. Il s'en étoit formé d'avance une idée très-avantageuse : mais quand il eut pénétré son intérieur , il y trouva tant d'innocence , et tant de lumières dans les voies de Dieu , une perfection si sublime , que dès lors il le tint pour un grand Saint. 11 en parloit ainsi , toutes les fois que l'occasion s'en présentoit. Un jour surtout , discourant de la céleste patrie , avec un autre Père , et disant que les Saints dans le paradis se transforment dans la volonté divine ; qu'ils n'aiment et ne veulent autre chose que ce que Dieu aime et veut : // me semble , ajouta-t-il ,

io4 Vie de S. Louis de Gonzague.

en avoir un vrai portrait dans notre Louis ; je me figure que les Saints du ciel sont occupes a orner son ame des dons célestes et des grâces les ■plus abondantes. Je croirois même qiïil y a entre eux une sainte émulation a qui lui procurera plus de bien , tant ils le voient favorisé de Dieu , et comblé de vertus. Le même Père , passant par Sienne , et racontant les vertus héroïques de Louis , ajouta qu'il étoit étonné , attendu la sainteté qu'il lui connoissoit , qu'il ne fît pas de grands miracles. Je me souviens encore d'avoir entendu le cardinal Bellarmin tenir le même langage.

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