S. AGOBARD. — S. EUCHER. — S, LUPICIEN. — S. ALPIN ET S. JUST
,AIXT Etienne conserva le dépôt de la fes' foi en confondant les ariens qui, forts de l'appui du roi Gondebaud, menaçaient d'envahir son troupeau, et en ramenant à l'unité de la foi beaucoup de ceu?: qui étaient tombés dans l'erreur. h
Saint Nizier fut un ange de chas- j teté. Il fait voir son amour pour son \ peuple dans la peste qui ravage Lyon, pré-/ci side le deuxième concile provincial de ^__ (*&S*
cette région, résiste courageusement aux prétentions des nobles qui ne respectent pas les immunités ecclésiastiques, fait construire un grand nombre d'églises, fonde une école épiscopale et il a la gloire d'avoir pour disciple l'illustre saint Grégoire de Tours.
Saint Lambert se montra un pontife affectueux dans
sa compassion, ferme dans sa foi, sage dans ses conseils,
affable dans ses discours et remarquable par sa bonté.
Saint Jubin mit tous ses soins à conserver la dignité
de son Eglise, qui était la première de toutes les
, Gaules, et à la faire briller surtout par les ver-
\^> tus du clergé et du peuple.
Saint Rustique envoya au pape saint Gélase d'abondantes aumônes pour soulager le peuple de Rome dans une affreuse misère. Il sut si bien tirer partie de la charité de Lyon que l'on porte à quatre mille le nombre des prisonniers dont il assura le rachat: il était aidé dans son œuvre sainte par une noble dame, nom-' mée Syagrias qui se dévoua à la rançon des captifs qu'elle pouvait soustraire aux exigences des vainqueurs.
Saint Viventiole luit comme un astre
J£ éclatant par sa science et sa piété,
^.^gip^Vgg- -^ aussi a-t-on eu de justes
^= raisons de dire de
ggg-^ lui qu'il était
plein de
bonnes œuvres et brillant de lumières. Saint Elpide se distingua de même par son éminente sainteté et par sa science profonde que Dieu releva encore en le favorisant du don des miracles. Aussi toutes ses entreprises pour la gloire de la divine Majesté eurent-elles un succès étonnant.
Saint Patient se rendit remarquable par son zèle à bâtir de nouvelles églises et à réparer celles qui tombaient en ruines. Il eut surtout un soin admirable des temples spirituels de Jésus-Christ qui sont les pauvres, car il se montra singulièrement compatissant __. à leurs misères dans un temps de cruelle famine, et cette charité s'étendit jusque sur les pauvres des contrées étrangères. Il ne permit jamais à l'hérésie d'atteindre son troupeau.
Saint serdot rétablit la discipline en tous lieux et bâtit à grand frais l'église de Saint Georges qui était autrefois sous le vocable de saint Paul et de sainte Eulalie.
Saint Loup se fit une grande réputation de science et de vertu. On venait de toutes parts se mettre à son école pour se former à la piété et aux connaissances humaines. Tl présida le troisième concile d'Orléans, en 538. On conserve encore précieusement sa tête •*■ -^g dans l'Eglise
primatiale de St Jean. Saint Œcuménon sut se rendre agréable aux rois et aux grands de la terre pour mieux ménager les intérêts supérieurs de la religion. Aussi en obtenait-il tout ce qu'il voulait. Il passe pour être le fondateur du monastère des religieuses de Saint Prime ; du moins est-il certain qu'il y fit faire de grandes réparations.
Saint Ethèrk a mérité d'être loué par saint Grégoire le Grand qui dit de lui qu'il se fit remarquer par son tendre amour pour l'ordre ecclésiastique, et qu'il fut dévoré du zèle pour le maintien de la discipline "n. et de l'observation des saints Canons. Il eut la consolation d'exercer l'hospitalité envers saint Augustin, apôtre de la Grande-Bretagne, qui lui avait été recommandé par ce saint pape et il put contribuer ainsi en quelque chose à la conversion de l'Angleterre qui est encore l'objet des prièies de Lyon, puisque chaque communauté chante un salut tous les jeudis1 pour demander la réconciliation de cette grande nation à la sainte Eglise Romaine, qui est doublement sa mère.
1 Ce qui s'observe dans le diocèse de Montréal dans
toutes les chapelles de l'Institut des Clercs de St-
Viateur, par ordonnance particulière de Mgr
'-sK Bourget: pratique que son regretté successeur,
Mgr Fabre, a daigné approuver et que nos
<fdST) -»- Seigneurs les évêques des
diocèses où se " trouve la congrégation ont bien voulu reconnaître et autoriser.
ir
Saint Antiochds, n'étant que prêtre., se fit remarquer par son grand amour pour son évêque, saint Just. Lorsque celui-ci se fut retiré secrètement dans la Thébaïde, ce bon prêtre n'eut pas de repos qu'il ne l'eût retrouvé. Il devint alors le fidèle imitateur de sa pénitence, de son humilité. Il recueillit son dernier soupir et vint ensuite annoncer sa mort aux fidèles de Lyon. Il n'eut pas peu de part aux honneurs que l'on rendit à ce saint évêque de Lyon et à son fidèle Lecteur, saint Viateur.
Saint Rémi s'arracha à toutes les grandeurs du siècle pour se consacrer à Dieu. Devenu évêque de Lyon, il rit servir à l'avantage de son Eglise la laveur dont il jouissait à la cour de l'empereur Lothaire et à celle de Charles-le- Chauve. Par le crédit qu'il eut auprès de ces princes, de riches fonds furent ajoutés aux domaines de son Eglise pour le besoin de la religion et le soulagement des pauvres.
Saint Agobard ne cessait d'exciter le zèle pour la maison de Dieu, le chant de l'office divin, et les fonctions du culte sacré dont il voulait que Ton s'acquittât toujours avec une modestie angélique et une crainte religieuse.
Saint Eucher vécut longtemps dans ^| le grand monde qu'il édifia toujours par une singulière piété. Il eut deux fils à qui il sut inspirer ^^or-jp»?
les sentiments -^lSa^^.»
de sa profonde religion. Il quitta le monde avec eux et ils furent, tous trois, appelés à l'épiscopat et tous trois, furent des modèles de vertus. Les homélies de saint Eucher sont toutes remplies de l'esprit de Dieu, mais 3 se surpassa Fui-même dans le panégyrique qu'il corr posa en l'honneur des martyrs de Lyon.
Saint Lupicien et saint Alpin1 ne sont connus que par leurs noms inscrits au calendrier Lyonnais et dont on fait mémoire à l'office.
Quant à saint Just, sa vie est tellement liée à celle I de saint Viateur que nous donnons ici, que \v nous nous sommes réservés d'en parler s quand nous ferons l'histoire de son cher disciple qui ne fit qu'un avec lui.
L'Eglise de Lyon compte dans le cataf Iogue de ses saints, vingt-deux de ses g vénérables évêques, d'où il est facile de conclure que l'esprit qui animait ces saints a pu se communiquer et s'enraciner dans le cœur de cette ville qui a été l'objet de leur sollicitude pastorale et le centre de leurs merveilleuses opérations. Ce bon esprit s'est d'ailleurs propagé
^ai"''. Alpin était évéque de Lyon à la mort saint Just et de saint Viateur, c'est lui qui reçut leurs saintes dépouilles et les déposa avec honneur dans .l'Eglise des Machabées.
VIE DE SAINT VlATEl'R.
dans cette ville privilégiée d'autant plus facilement qu'elle a été arrosée du sang de plusieurs milliers de martyrs. Car, comme on le sait, le sang versé pour la religion a toujours été une semence téconde de foi et d^ charité. Ainsi l'on ne se ferait pas une idée complète de cette vénérable Eglise si l'on ne la considérait pas encore comme la ville des martyrs. Ce glorieux titre lu' appartient, à coup sûr. et le Mont Saint-Irénée, si justement appelé la Terre Sainte, en serait seul la preuve incontestable.