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l.a vêrilr c -l (juc tout cola se passe de la sorte. (!e »«orU là les effols (jup ces Uavîssemenis produisent dans l'Ame, s'ils sont vcril.il les. Mais s'ils ne les produisoii ni pas, cl si l'Ame n'en tirait pas ces précien.v avantages . non-seuleinenl je douterais beaucoup que ces transports vinssent de Dieu , mais je rraindrais que ce ne fussent plutôt de ces transports de rage , dont parle saint Vincent Fcrrier (I).
Quant à moi , je sais très-bien, cl j'ai vu par expérience qu un Ravi.'Sement d'une heure, d'une durée même plus courte , suffit , quand il vient de Dieu , pour donner à l'âme un souverain domaine sur toutes les créatures , et une liberté telle , qu'elle ne se connaît plus elle-même. Elle voit bien qu'un si grand trésor ne vient point d'elle ; elle ne sait môme pas comment il lui a été donné ; mais elle voit , avec une souveraine évidence , les immenses avantages que lui apporte chacune de ces visite^ divines.
Pour le croire, il faut l'avoir éprouvé ; aussi l'on n'ajoute point foi au changement d'une àme qui reçoit ces faveurs ; on avait été témoin de sa faiblesse, et tout à coup on la voit prétendre à ce qu'il y a de plus héroïque , ne plus se contenter de servir Dieu d'une manière vulgaire, mais aspirer à le glorifier , de toute l'étendue de ses forces. On traite cet héroïsme de sentiments , de tentation et de folie. Mais si l'on savait qu'il ne vient point d'elle, mais du Seigneur , auquel elle a remis les clefs de sa volonté , on cesserait de s'étonner. Pour moi, je suis convaincue qu'une personne élevée à cet état, ne parle, ni ne fait plus rien par elle-même, mais que ce
fl) S.iintc Ti-rcso se sert ici d'un mot qui n'est pas espagnol. Modifiant tant soit p?ii l'expression arrobnmiento , qui signifie Ravissement , elle dit rabiamento, mot de sa faron auquel repondrait dans notre langue celui iVenragement. Par ce terme (|uelle invente , elle rend mieux l'énergie de celui qu'emploie saint Vincent Ferrier , dans son Traité de la Vie Spirituelle , pour flétrir et stigmatiser les faux ravissements. Voici le passage auquel la Sainte fait visiblement allusion :
Il Et Scias pro certo quod major pars raptuum imo rabierum nuntiorum anti- » christi venit pcr istum modum. » Tract. Vit. Spirit. , c. xii.
« Tenez pour certain que la plus grande partie des ravissements , ou plutôt des r races des messagers de l'antechrist , vient de cette manière. »
Ér.UIIE y\\\ tl.Lt->ltME. '--0
soiui'iuiii Muiiart|iie prt'iul un s-oiii iiarliculicrdeloul cofju'clle doit f;iiie. O cit'l ! (|iio l'on voil claireiuenl, alcis . à combien jusle litre toules les unies devraient , comme David , demander les ailes de la colombe (1) ! Que l'on comprend bien ce cri du Uoi Proplièle ! On voit avec une souveraine évidence (jue par l'Kxlase , l'âme prend son vol vers Dieu , pour s'élever au-dessus de tout le créé , et au-dessus d'elle-même ; mais c'est un vol suave . un vol délicieux , un vol sans bruit.
Quel est l'empire d'une àme qui , de ce f.iit sublime où Dieu l'élève , peut promener son regard sur le monde , sans y rencontrer une seule chaîne! Qu'elle est confuse d'avoir jadis vécu sous ses lois ! Comme elle s'étonne do son aveuglement ! Quelle vive compassion elle [)Orte à ceux tju'elle voit dans les n)énies ténèbres , surtout si ce sont des personnes d'oraison , et envers qui Dieu se montre déjà prodigue de ses faveurs ! Kile voudrait élever sa voix pour leur faire connaître combien ils s'égarent ; quelciuefois même elle ne [)eut s'en défendre . et alors les persécutions tombent sur elles comme les gouttes d'une pluie d'orage. On raccu^e de peu d'humilité ; elle prétend , dit-on , instruire ceux de qui elle devrait apprendre. Si c'est une femme , on lui fait encore plus vite son procès. El I on a raison de la condamner , parce qu'on ignore le transport divin qui la presse. Souvent incapable d'y résister , elle ne peut s'empêcher de détromper ceux qu'elle aime. Elle brûle du désir de briser leurs fers ; jadis prisonnière , comme eux , dans le cachot de cette vie , elle veut les en arracher pour leur faire part de sa liberté.
Elle gémit d'avoir été jadis sensible au point d'honneur . et de l'illusion qui lui faisait regarder comme honneur ce (juo le njonde a|)|jelle de ce nom. Elle n'v voit plus qu'un immense mensonge dont le monde est victime. Elle découvre , à celte
1 Fa liixi : yiiis (I i!»!l mihi pcnnas sicut culuiijlttc? Et volabo , cl rL'iiMics'Min. Ts. i.iv., V. (j.
Kt jai dit : Qui nie donnera des ailes comme celles de la iol':ini''e ? lit jr ineM- V 'lierai , cl je me reposerai.